Unsa : Jean-Claude Tricoche regrette que le projet de loi fasse “l’impasse sur le droit à une formation différée”

30 avril
2009

Peut mieux faire… Le projet de loi débattu en Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie, mardi 14 avril, a suscité un avis mitigé auprès du représentant de l’Unsa, Jean-Claude Tricoche, qui s’est abstenu au moment du vote.

L’Unsa déplore notamment que ce projet fasse “l’impasse sur le droit à une formation différée pour les jeunes sortis de l’école sans diplôme”. L’extension des contrats de professionnalisation aux publics les plus fragilisés ne constitue “qu’une réponse partielle, estime également Jean-Claude Tricoche. Impasse aussi sur la possibilité de négocier dans l’entreprise sur les objectifs et les moyens de la formation en prolongement de la négociation sur la GPEC”.
L’Unsa considère par ailleurs que “certaines dispositions du projet gouvernemental doivent contribuer à plus de cohérence dans l’offre de certification, à une meilleure qualité de la réponse formation et à une évaluation de l’efficience des politiques de formation”. Tout en saluant “la volonté affirmée de réorganiser les Opca pour plus d’efficacité et de proximité dans le conseil et l’accompagnement des petites entreprises et de leurs salariés”.
Enfin, “certaines mesures ajoutent à la complexité du système actuel – c’est le cas du Dif avec cinq dispositions différentes de prise en charge – ou aux difficultés de pilotage régional en introduisant une sorte de tripartisme dans les PRDF”.
Jean-Claude Tricoche a rappelé au secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, qui assistait aux débats du CNFPTLV, que “l’objectif prioritaire d’une réforme de la formation continue doit être de corriger les inégalités d’accès à la formation qui touchent plus particulièrement les personnes les moins qualifiées, les plus fragiles dans l’emploi ou sur le marché du travail, les jeunes en insertion professionnelle, ainsi que les salariés des PME et TPE. Alors que la crise économique met en évidence l’importance de la qualification, il n’est pas acceptable que dans notre pays près de 2 millions de salariés soient en situation d’illettrisme”.
De ce point de vue, le projet de loi sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie “répond à cet objectif en instituant notamment un Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, repris de l’Ani du 7 janvier 2009, et en reconnaissant à toute personne le droit à l’information et à l’orientation professionnelle ”, ajoute Jean-Claude Tricoche. Mais, prévient-il, “il faudra que de réels moyens d’accompagnement soient mis en œuvre pour que ce droit soit effectif”.

David Garcia
Paru dans Inffo Flash 745, 1er-15 mai 2009

Mis en ligne le 30 avril 2009
Publicité

catalogue 2018-2019