La FNSEA craint que le FPSPP pénalise la formation dans l’agriculture

23 avril
2009

« Je crains qu’un projet qui au départ peut paraître assez louable monte en une mécanique qui va pénaliser des secteurs comme le nôtre », a déclaré Claude Cochonneau, président de la commission emploi à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) au Quotidien de la formation le 22 avril.

Son secteur devra, comme les autres, contribuer à hauteur de 13 % des participations des entreprises au financement de la formation professionnelle au Fonds paritaire pour la sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) : « Nous allons devoir consacrer 13 % des versements que nous faisons au Fafsea, notre Opca, et il y a de grandes chances qu’il n’y ait pas beaucoup de retombées sur nos salariés [1]. » Pour lui, son secteur est essentiellement composé de très petites entreprises ayant peu de salariés et disséminées sur le territoire qui se voient dépossédées de leur accès à la formation.

« On nous a fait une proposition d’un “strapontin” au FPSPP. Cela ne nous paraît pas suffisant. Si ce n’est que pour assister aux réunions plénières… Que va-t-on peser face aux Opca de l’industrie ? Nous sommes tout petits et il nous faut parcourir beaucoup de kilomètres et déployer beaucoup d’efforts pour monter des formations. »

Le vice-président de la FNSEA juge que son organisation n’a pas à rougir des performances de son dispositif de formation, dont il annonce des frais de fonctionnement entre 8 et 10 %. D’ailleurs il a, lors de son intervention face à Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’Emploi lors de la réunion du CNFPTLV mis en avant l’avenant à l’accord sur la formation professionnelle signé avec les partenaires sociaux instaurant un « stage d’acquisition de prérequis ». Selon cet accord, conclu le 6 janvier 2009, toujours pas étendu à ce jour, des demandeurs d’emploi d’un niveau de qualification égal ou inférieur au niveau III, des personnes handicapées et des bénéficiaires du RMI ou RSA, pourraient s’insérer par l’activité agricole en suivant différents modules constituant un socle de connaissances prérequises pour travailler dans l’agriculture.

« Ce dispositif va dans le sens de ce que prône Nicolas Sarkozy : il a été négocié avec les partenaires sociaux et il utilise la formation pour favoriser l’insertion. Ce que nous demandons, et nous espérons nous faire entendre, c’est de pouvoir utiliser une partie de ces 13 % pour faire notre propre insertion dans notre secteur. Et si en fin de compte nous ne l’avons pas fait, alors nous reverserons tout dans l’interprofessionnel. »

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 23 avril 2009

Mis en ligne le 23 avril 2009
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