Les chances d’entente entre Medef et CGPME s’amenuisent alors que chacun continue de camper sur ses positions

9 décembre
2013

«  Nous ne sommes toujours pas d’accord sur le système de financement proposé dans le projet d’Ani qui nous a été soumis. L’ajout d’une contribution égale à 0,2% de la masse salariale pour les entreprises de 10 à 49 salariés (voir notre article) ne nous satisfait pas, car tant que le Medef reste sur un modèle de financement global égal à 0,8% cela ne suffit pas. » C’est ce que déclare Geneviève Roy (vice-présidente de la CGPME, chargée des affaires sociales) au sortir de ce qui doit être l’avant-dernière séance de négociation sur la formation professionnelle, la dernière séance étant prévue pour le jeudi 12 décembre 2013.

Pour la représentante patronale « des efforts supplémentaires sont nécessaires si l’on veut améliorer l’accès à la formation dans les TPE-PME. Il faut se donner les moyens de ses ambitions ». Aussi, elle affirme ne pas s’interdire de déposer elle-même un projet d’accord pour la prochaine séance de négociation.

Ne pas aboutir ? Un mauvais signe pour la CGPME

Si les partenaires sociaux ne trouvent pas un accord à la fin de la prochaine réunion de négociation, c’est le ministère du Travail qui prendra la main. « Ce ne serait pas un bon signe pour la démocratie sociale. La formation professionnelle est un enjeu considérable pour les entreprises comme pour les salariés. Que la négociation n’aboutisse pas ne serait vraiment pas une bonne nouvelle », explique la représentante de la CGPME. Pour elle, la séance du 12 est néanmoins la séance de la dernière chance, tout du moins, celle qui déterminera si la négociation est vouée à aboutir ou non.

Côté Medef, on se félicite plutôt d’une « séance constructive », selon les mots de la présidente de la commission « Education, formation et Insertion », Florence Poivey. « Nous avons pu approfondir les sujets moins problématiques que celui du financement. Les échanges ont été ouverts, positifs », ajoute-t-elle, soulignant que « retrouver le chemin de la négociation sur un seul texte est de bon augure ». Néanmoins, la négociatrice qui se dit « têtue » ne semble pas vouloir bouger les lignes du projet sur le plan du financement, tout en affirmant qu’il «  ne faut pas se focaliser uniquement la dessus ». « C‘est réducteur par rapport à l’ambition globale de notre réforme », ajoute-t-elle.

Un niveau de mutualisation renforcé selon le Medef

Toutefois, elle défend ses positions. Le niveau de mutualisation pour les entreprises de moins de 50 salariés a été sauvegardé, dit-elle, et cela à la fois grâce à la nouvelle contribution « Plan de formation » pour les entreprises de 10 à 49 salariés, mais également de la « mutualisation de solidarité » au profit de TPE. Par le biais de la fongibilité asymétrique descendante, «  les entreprises de moins de 50 salariés reçoivent aujourd’hui 26 millions d’euros des grandes entreprises. Avec notre système, nous faisons passer la solidarité à 200 millions d’euros », plaide-t-elle.

Pour la représentante du Medef, la formation doit aujourd’hui être conçue comme un investissement pour les PME. « Aujourd’hui, les dirigeants n’ont pas la disponibilité ni les moyens pour se projeter dans cette démarche car le système de formation professionnelle est un champ de contraintes. Il faut développer un investissement accompagné. Et cela avec des salariés qui vont être co-acteurs et co-constructeurs de la démarche », dit-elle. Malgré son refus de faire bouger les lignes, Florence Poivey souhaite que la négociation aboutisse et veut trouver un accord avec la CGPME. Chacun semble cependant camper sur ses positions, et à une semaine de la conclusion prévue de la négociation, une conclusion heureuse paraît de plus en plus difficile.

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 6 décembre 2013.

Mis en ligne le 9 décembre 2013
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