La CFDT « prête à redéfinir le 0,9 % en échange de contraintes très fortes »

6 décembre
2013

« Nous ne pouvons que regretter les divergences entre organisations patronales et pour notre part, nous sommes dans la proposition constructive ». Marie-Andrée Seguin, secrétaire nationale de la CFDT, défend 33 préconisations de son organisation syndicale (voir notre article dans cette édition) et réfute l’idée de «  contre-projet » aux textes qui divisent le monde patronal entre Medef/UPA et CGPME. Pour le Quotidien de la Formation, elle revient sur ces dissensions et évoque la vision du financement par la CFDT.

« Financer autrement la formation professionnelle » : le titre du chapitre qui fait débat dans les négociations montre que la CFDT est sur une ligne d’évolution puisque l’adverbe « autrement » est mis en valeur, précise dans un entretien accordé vendredi 29 novembre. Elle souhaite valoriser la formation « comme des dépenses d’investissement » et, précise-t-elle «  investissement dans le « capital » humain, dans l’acquisition de compétences pour l’entreprise, et dans les compétences pour le salarié  ».

Abandonner le 0,9 % (proposition du Medef/Upa) ?

« L’obligation légale de 0,9 % pour le plan de formation pourrait être redéfinie à condition que la simplification qui en résulte pour l’entreprise, soit mise à profit pour améliorer l’efficacité de la formation professionnelle » (proposition 21). Ce que Marie-Andrée Seguin traduit par « nous n’abandonnons pas le 0,9 %, et si nous sommes prêts à le redéfinir, nous souhaitons en échange des contraintes très fortes ». Dans cette proposition, l’utilisation du conditionnel ouvre le champ de la négociation autour « de la responsabilité de l’employeur ». Aussitôt précisée par Marie-Andrée Seguin : «  cette redéfinition du 0,9 % ne pourrait se faire que dans un cadre contraint pour permettre au salarié de bénéficier des différents dispositifs ».

Mutualisation du financement (proposition de la CGPME) ?
La proposition 28 va dans le sens de la mutualisation de la « contribution obligatoire » mais - et la nuance est importante - veut la « cibler ». La CFDT la soumet donc à un accord national interprofessionnel pour les TPE, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les personnes souffrant d’illettrisme et éloignées des compétences de base. La professionnalisation est aussi soumise à un accord de branche ou des partenaires sociaux. «  L’accord national interprofessionnel est indispensable » aux conditions de financement, martèle Marie-Andrée Seguin. « Nous l’associons à une durée de trois ans au maximum et à une obligation de « revoyure » ».

Avec son texte, la CFDT refuse de prendre position dans la querelle des organisations patronales : « une négociation n’est pas une bagarre texte contre texte pour faire valoir ses intérêts ». Marie-Andrée Seguin leur laisse une ultime chance de trouver une solution. Elle indique que son organisation veut « repenser différemment » la formation professionnelle et s’exonérer des schémas anciens : « surtout, nous voulons éviter que les mécanismes de refinancement se reproduisent », conclut-elle.

Claire Padych
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 2 décembre 2013.

Mis en ligne le 6 décembre 2013
Publicité

catalogue 2018-2019