Négociation formation : la CGT appelle à signer un accord sans le Medef

29 novembre
2013

« Le Medef aurait déclaré qu’un bon accord n’était pas nécessairement signé à huit. Pourquoi ne pas le prendre au mot et aboutir à un accord signé à sept sans le Medef ? » La CGT est en colère et le fait savoir. Alors que la négociation relative à la réforme de la formation professionnelle piétine, les récentes déclarations du président de l’organisation patronale, Pierre Gattaz, et de son vice-président, Jean-François Pilliard lors d’une rencontre organisée par l’Ajis (voir notre article), ont mis le feu aux poudres cégétistes. Au cours de cette rencontre, le Medef a notamment fait savoir qu’il comptait camper sur ses positions concernant la suppression de l’obligation « plan de formation » pour les entreprises de plus de 10 salariés, annonçant clairement qu’il préférait un accord limité en nombre de signatures à un « mauvais accord consensuel ».

Un « chantage inacceptable »

« Le Medef ne veut pas réellement négocier ! », accuse la centrale de Montreuil, pour qui ces déclarations « marquent une volonté de rupture avec les fondements du dialogue social dans notre pays ! ». Ainsi, « en affirmant son refus d’aboutir à des accords “qui ne satisferaient pas pleinement le Medef” son président place les organisations syndicales devant un chantage inacceptable », martèle la CGT. En conséquence, celle-ci en vient à se demander si la négociation formation a encore une chance d’aboutir dans les délais fixés par le gouvernement.

De premières inquiétudes justifiées

La confédération indique qu’elle avait émis des réserves sur l’ouverture d’une nouvelle réforme de la formation professionnelle, et avait alerté sur la « contradiction entre l’ambition d’une réforme prétendant changer profondément le système actuel de la formation professionnelle et les délais excessivement courts imposés à cette négociation ».

« Nos inquiétudes étaient justifiées », regrette-t-elle, déplorant que le Medef tente « de passer en force et remettre en cause les droits obtenus dans les accords nationaux interprofessionnels de 2003 et 2009 que la CGT avait signés. » « Ces exigences rendent inutile une nouvelle bilatérale », ajoute le communiqué. Ainsi, la confédération en appelle aux cinq confédérations syndicales, ainsi qu’aux deux autres organisations patronales : « Se laisseront-elles dicter un accord aux seules conditions du Medef ou sauront elles construire ensemble les bases d’un accord profitable à tous ? »

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 20 novembre 2013.

Mis en ligne le 29 novembre 2013
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