L’Union professionnelle artisanale plaide pour une fusion d’Agefos-PME et d’Opcalia

24 octobre
2013

« Le compte pénibilité est irréaliste et alourdit le coût du travail... La création de deux cotisations, l’une forfaitaire pour toutes les entreprises et l’autre en fonction de l’activité va augmenter les coûts des entreprises... », tempête Jean-Pierre Crouzet, président de l’Union professionnelle artisanale (UPA) lors d’une conférence de presse, le 22 octobre 2013.

« Les entreprises de proximité constituent des leviers de croissance et d’emplois. Plutôt que de s’appuyer sur ce potentiel, le gouvernement le gâche. Les 1,3 million de chefs d’entreprisessont prêts à taper du poing sur la table », menace-t-il, avant d’énumérer tous les motifs d’insatisfaction du mouvement qu’il dirige.

Sur le volet de la réforme de la formation professionnelle, l’UPA défend le principe de la mutualisation « qui seul permet de développer la formation des salariés dans les entreprises de moins de 50 salariés ». Elle estime en effet que la négociation qui vient de s’ouvrir doit conduire à renforcer la mutualisation et à instaurer une solidarité entre les entreprises de 50 salariés et plus, vers celles de moins de 50 salariés. « La mutualisation garantit l’accès au plus grand nombre à la formation professionnelle. Nous ne souhaitons pas qu’elle soit remise en cause », a insisté Jean-Pierre Crouzet.

Entrer dans la gouvernance d’Agefos-PME et Opcalia fusionnés...

L’UPA préconise également la fusion d’Agefos-PME et Opcalia et demande son entrée dans la gouvernance de l’organisme paritaire collecteur agréé (Opca) fusionné ou, si les deux structures interprofessionnelles étaient maintenues, d’y siéger, comme d’autres organisations. En parallèle, l’UPA propose que seuls les Opca de branches professionnelles ayant conservé des liens très forts avec la ou les branches professionnelles de rattachement puissent obtenir ou maintenir leur agrément. Enfin, elle demande que soit commencé un mouvement de réduction du nombre de dispositifs « afin de simplifier l’accès à la formation ».

Le compte personnel de formation ne doit pas être seulement réservé aux demandeurs d’emploi

Jean-Pierre Crouzet estime que le compte personnel de formation (CPF) « ne doit pas s’entendre comme un outil exclusivement tourné vers le retour à l’emploi ». Il indique que le CPF doit être un outil « simple, confinancé par l’Etat, les Conseils régionaux et les partenaires sociaux sans générer de nouvelles charges ni administratives, ni financières pour les entreprises ». Le président de l’UPA souhaite qu’une partie substantielle des ressources du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) continue à être orientée vers la formation des salariés en poste « pour sécuriser leurs parcours et développer la compétitivité des entreprises ».

La taxe d’apprentissage doit être fléchée vers ceux qui forment les apprentis

L’UPA préconise que la taxe d’apprentissage soit « davantage fléchée vers les structures qui forment réellement et massivement des apprentis ». Elle souhaite que la loi fixe un montant minimum de ressources par apprenti et puisse prévoir « le versement direct de la taxe d’apprentissage aux CFA au prorata du nombre d’apprentis et en fonction de leur niveau » ; elle soutient le principe de « simplification et de rationalisation du réseau de collecte ». Enfin, Jean-Pierre Crouzet considère, au nom de son organisation, que la taxe d’apprentissage « doit rester une taxe affectée, sous la responsabilité conjointe des partenaires sociaux, des organismes consulaires et des Conseils régionaux ».

Claire Padych
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 23 octobre 2013.

Mis en ligne le 24 octobre 2013
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