Les Chambres de commerce et d’industrie publient 12 propositions pour contribuer à la réforme

21 octobre
2013

A l’occasion de la Conférence sociale d’Iéna, les Chambres de commerce et d’industrie avaient annoncé leur intention de faire entendre leur voix dans le débat sur la réforme de la formation professionnelle. A cet effet, celles-ci viennent de publier, le 17 octobre 2013, une série de douze propositions visant à apporter leur contribution aux négociations actuellement en cours ainsi qu’au futur débat parlementaire.

Fortes de 188 centres de formation continue, de 160 établissements d’enseignement supérieur, de 145 CFA, d’un maillage territorial national (et même au-delà) et de leur présence auprès des entreprises, les CCI entendent bien apporter leur pierre à l’édifice de la réforme en cours. Résumé.

Développer les compétences pour les besoins d’avenir

Parmi les grands axes qu’a défini le réseau consulaire pour formuler ses propositions, on note une attention toute particulière portée au développement des compétences, considéré comme, à la fois, « levier de croissance de l’économie française et enjeu de performances pour les entreprises ». Un développement des compétences que les CCI proposent d’aborder par, notamment, une consolidation de l’articulation entre le monde éducatif initial, la formation continue et le secteur économique dans le but d’identifier les filières d’avenir et d’anticiper ses besoins futurs, proposant de confier au Commissariat à la stratégie et à la prospective (CGSP) le rôle de "chef d’orchestre" chargé de coordonner les acteurs impliqués dans cette démarche de GPEC, qu’il s’agisse des branches professionnelles ou des observatoires régionaux des métiers et qualifications.

Et cette anticipation des besoins futurs que les chambres consulaires appellent de leurs vœux est amenée à se décliner également en interne des entreprises, par le biais d’un dialogue social renforcé entre CE et directions dans le cadre du plan de formation, ainsi que par un renforcement des coopérations entre les territoires, les entreprises et les branches. Avec pour objectif de permettre le financement d’opérations de mobilité concertées – avec l’appui des Opca régionaux – mais aussi la construction de plans de formation inter-entreprises pour répondre aux besoins des bassins d’emploi.

Renforcer l’orientation et la reconnaissance des compétences

Cependant, cette anticipation des filières d’avenir ne saurait être efficace sans l’assurance d’une veille préventive des compétences requises par ces emplois de demain. Aussi, les CCI plaident à la fois pour un renforcement de l’orientation professionnelle – dont le futur service public régional d’orientation (SPRO) pourrait constituer l’instrument – mais également par l’accroissement de l’employabilité des actifs au travers de la reconnaissance formelle des compétences acquises. Une ambition qui pourrait se traduire par une promotion accrue de la validation des acquis de l’expérience (VAE). « Les salariés en situation de fragilité professionnelle, les jeunes sans qualification, les personnes en contrats aidés, les demandeurs d’emploi doivent compter sur un dispositif de reconnaissance de l’ensemble de leurs compétences afin de se voir offrir une réelle seconde chance, une alternative efficace à leurs incidents de parcours professionnels ou scolaires » soulignent les Chambres de commerce qui voient dans cette démarche d’officialisation des connaissances un marchepied vers l’emploi ou une reconversion professionnelle réussie.

Redéfinir les critères d’imputabilité et valoriser la dépense individuelle

Des ambitions que les CCI proposent de réaliser au travers d’une modification du financement, via la redéfinition des critères d’imputabilité des dépenses de formation concernant le e-learning, le tutorat, le coaching et « toutes actions relevant du développement des compétences par-delà la seule notion d’action de formation telle que définie par le Code du travail ». Mais aussi par le biais d’actions visant à favoriser la dépense de formation individuelle (1,1 milliard d’euros, 4 % de la dépense globale). Valorisation qui pourrait prendre la forme de réductions fiscales et dont le compte personnel de formation serait susceptible constituer le réceptacle « sans toutefois détruire les outils antérieurs : Cif, professionnalisation et plan de formation ».

Une participation accrue des CCI aux instances régionales

Enfin, arguant que « nul n’est seul dépositaire de la vision d’avenir d’un territoire », les CCI s’estiment légitimes pour participer aux prestations de conseil et de services de proximité aux entreprises et particuliers – en participant, par exemple, à des « conférences de financeurs » sur les territoires, mais aussi à participer aux instances régionales de concertation sur l’emploi et la formation, notamment aux Comités de coordination régionaux de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelle (CCREOFP) qui seront instaurés dans le cadre de l’Acte III de la décentralisation.

Ces propositions opérationnelles, les CCI proposent aux acteurs de la réforme de « les reprendre librement » dans leurs débats. « Forgées à l’aune de nos pratiques et de nos échanges avec les entreprises (…) elles doivent être lues comme des invitations à la mise en œuvre de coopérations élargies, respectueuses de la valeur ajoutée spécifique des acteurs impliquées dans le combat pour la qualification des actifs ». A voir si, maintenant qu’elles sont publiées, les acteurs en question en tiendront compte. Affaire à suivre.

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 18 octobre 2013.

Mis en ligne le 21 octobre 2013
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