L’Afref organise un groupe de travail dédié à l’étude d’un « indice de sécurisation des parcours professionnels »

15 octobre
2013

A en croire l’Association pour la réflexion et l’échange sur la formation (Afref), la création du compte personnel de formation – dont la mise en œuvre fait encore l’objet de débats entre partenaires sociaux dans le cadre de la négociation sur la réforme de la formation – ne se traduira pas par un simple « outil » supplémentaire à rajouter dans l’arsenal de la formation continue, mais placera directement la notion de sécurisation des parcours professionnels au cœur d’une refondation des droits sociaux.

« La création du CPF relève d’un changement doctrinal d’importance et s’inspire de la flexisécurité danoise visant à marier flexibilité de l’emploi et sécurisation des travailleurs » explique ainsi Fabrice Gutnik, son président, dans un entretien accordé au Quotidien de la formation le 14 octobre. « Flexisécurité ».

Le terme est encore désagréable aux oreilles françaises. « Il faut noter l’aversion pour ce terme dans les travaux français sur le sujet », regrette le président de l’Afref pour qui « l’agenda social de la réforme de la formation, des retraites, de la santé et de l’Acte III de la décentralisation met l’accent sur l’importance accordée à trouver une conception française de la flexisécurité ».

Une flexisécurité made in France qui transparaît déjà dans certaines doctrines syndicales, même si l’on préfère encore, en fonction des programmes et des sensibilités, parler de « sécurité sociale professionnelle » (CGT), de « sécurisation des parcours professionnels » (35e engagement du chef de l’État dans son programme de campagne), d’ « employabilité » ou encore de « sécurisation des parcours de vie ».

Toutefois, note l’Afref, « quelle que soit la conception doctrinale négociée à l’issue de ces réformes, les politiques publiques d’orientation, d’emploi et de formation devront faire l’objet tant d’un contrôle budgétaire et comptable strict que d’une évaluation des résultats dans ces politiques au regard de ces objectifs. Dans ce dernier domaine, les pratiques restent à consolider... » Un constat qui a donc amené l’association à imaginer la création d’un « indice de sécurisation des parcours professionnels » basé sur un certain nombre d’indicateurs. « Un tableau de bord des politiques publiques et privées » souligne Fabrice Gutnik.

Et à la création d’un tel outil – sur lequel l’Afref ouvrira bientôt un groupe de travail composé de représentants tant du privé que du public – le président de l’association voit six intérêts : « cet indice vise à apporter un éclairage à la fois social et économique sur la situation des actifs, permet de mesurer les progrès vers une sécurisation des parcours au regard des objectifs fixés, dote les pouvoirs publics d’un outil pédagogique de dynamisation des réseaux d’acteurs publics et privés, autorise une large concertation sociale préalable à la dynamisation de la démocratie sociale et politique, permet un pilotage des politiques publiques dans la mesure où des projections peuvent être réalisées en fonction des choix politiques et facilite les comparaisons avec d’autres acteurs au regard d’indicateurs standardisés ».

Un outil encore à créer dont la création pourrait constituer la première étape d’un processus « pouvant servir de guide à d’autres politiques de formation, d’orientation et d’emploi ».

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 15 octobre 2013.

Mis en ligne le 15 octobre 2013
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