« Le compte personnel de formation doit être le pivot de notre réflexion » (Florence Poivey, Medef)

16 octobre
2013

«  L’un de nos principaux points de convergence entre partenaires sociaux est l’idée que le CPF doit être le pivot de notre réflexion. Pour autant, il nous faut garder à l’esprit que ce cœur de réacteur doit s’inscrire dans une vision globale du système de formation professionnelle. Pas question de dissocier les différents sujets. Ce dernier point ne sera pas négociable. » Ainsi s’est exprimée Florence Poivey, chef de file du Medef, à l’issue de la seconde séance de négociation nationale interprofessionnelle sur la formation professionnelle du 10 octobre 2013. La présidente de la commission éducation, formation et insertion de l’organisation patronale est intervenue au nom de tout le collège patronal (qui comprend également la CGPME et l’UPA).

Elle se dit « contente » de la séance de négociation, affirmant que « des convergences fondamentales entre les différentes organisations patronales et syndicales [lui] font penser que la réflexion s’achemine vers une réforme de la formation professionnelle structurante et ambitieuse » Selon Florence Poivey, « l’ensemble des partenaires sociaux est d’accord pour dire que ce nouveau dispositif doit bénéficier à toutes les femmes et tous les hommes en âge d’être salariés, même lorsqu’elle ou il se retrouve temporairement au chômage. Chacun, quel que soit sa qualification, sa situation et la taille de son entreprise », ajoute-t-elle.

Au cours de la matinée de négociation, il a été convenu que d’ici la prochaine séance, le 23 octobre 2013, le Medef fournira à l’ensemble des partenaires sociaux, une première mouture de projet d’accord.

Trois piliers

Florence Poivey met en avant une vision de la réforme en «  trois piliers » : « l’excellence, la liberté et la responsabilité ». « L’excellence recouvre la notion d’efficacité, d’efficience. Sur la question de l’alternance, qui fait l’objet d’une concertation en parallèle de la négociation, est sous-jacente l’idée que toutes les voies de formation alternées sont des voies d’excellence », déclare-t-elle. Pour ce qui est de la liberté, elle affirme qu’aujourd’hui, la formation professionnelle est souvent considérée comme une charge financière ou administrative par les entreprise. « Nous voulons qu’elle devienne un vrai levier de compétitivité, un investissement », dit-elle. Toutefois, la représentante du Medef se défend de toute déclaration au sujet de l’obligation fiscale, et notamment du 0,9 % de contribution obligatoire des entreprises au titre du plan de formation. En effet, la suppression de cette contribution est, depuis longtemps, une revendication de l’organisation patronale. « Nous n’avons pas encore abordé ce sujet dans la négociation », tranche-t-elle.

Le dernier pilier, la responsabilité, concerne selon Florence Poivey, le chef d’entreprise, « par exemple sur la partie adaptation du plan de formation », mais également le salarié qui doit devenir « responsable de sa formation ». « Il ne s’agit pas de nous décharger, mais de donner aux salariés plus d’appétit pour la formation professionnelle et que celle-ci devienne un levier pour la sécurisation des parcours professionnels et l’élévation de la qualification. »

Articuler le Cif et le CPF

« Le Cif existe, et a de bonnes vertus », reconnaît Florence Poivey. « Le Compte personnel de formation est un autre outil. Il faut trouver une articulation, créative et intelligente pour que ce soit simple pour l’utilisateur de s’y retrouver », dit-elle. Elle indique alors que son organisation a « deux obsessions ». La première est de mettre « l’utilisateur au cœur du système ». la seconde de créer un système lisible. « Nous vivons dans un mode complexe, c’est notre mission de le gérer. Pas celle de l’utilisateur. »

Elle insiste également sur le fait que le TPE et les PME sont « au cœur de la réflexion » : « je comprends leur crainte par anticipation, mais je la balaye complètement », ajoute-t-elle.

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 11 octobre 2013.

Mis en ligne le 16 octobre 2013
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