Joël Ruiz (Agefos-Pme) s’oppose à une réforme de la collecte

15 octobre
2013

Au delà de la création du compte personnel de formation, l’autre enjeu majeur de la négociation sur la formation professionnelle qui a débuté le 24 septembre est très certainement la réforme de la collecte réclamée par certains des acteurs (voir notre article). Interrogé par le Quotidien de la formation en marge de la rencontre débat sur la GPECT organisée par l’Agefos-Pme PACA (Marseille, 1er octobre 2013), Jöel Ruiz, directeur général national du premier collecteur interprofessionnel de France conteste le bien-fondé d’une telle réforme.

« Les gens ne connaissent pas bien notre métier », explique-t-il : « 60 % de nos ressources ne sont pas liées à la collecte obligatoire mais proviennent soit d’une affectation volontaire soit d’une contribution qui va au-delà de l’obligation légale ». Autre argument en défaveur d’une séparation des rôles, il y a selon Joël Ruiz « un lien entre l’acte d’adhésion et l’engagement de services de l’OPCA ». Et de poursuivre : « derrière l’acte de collecte se pose la question de son objet social (…) ; le fait que nous soyons toujours un FAF [1] a beaucoup de sens, cela veut dire que nous sommes un fonds mais aussi une assurance », rappelle-t-il.

D’autre part et alors que l’affaire de détournement de fonds par le directeur du Fongecif Aquitaine vient de trouver son épilogue avec la condamnation définitive de Thierry Ansaldo [2], le Quotidien de la formation a également demandé au directeur général d’Agefos-Pme si la gouvernance de son organisation était de nature à prévenir ce genre de dérive. Et la réponse est oui, notamment en raison du caractère « national » d’Agefos-Pme, qui induit de « nombreux circuits de contrôle interne ». De ce fait, précise Joël Ruiz, il est impossible à l’Agefos-Pme d’être « à la fois ordonnateur et payeur en même temps ». Autre différence, Agefos-Pme, ainsi que les autres OPCA, émargent à de multiples sources de financement et ont de nombreux comptes à rendre aux branches, ce qui rend beaucoup plus compliqué toute manœuvre frauduleuse, estime-t-il.

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 2 octobre 2013.

[1Fonds d’assurance formation.

[2Lire L’Inffo formation du 1er au 15 octobre

Mis en ligne le 15 octobre 2013
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