Jean-Claude Mailly (FO) incite l’État à affecter une fraction du crédit d’impôt compétitivité-emploi vers la formation

2 octobre
2013

Le 23 septembre – soit la veille de la première séance de négociation interprofessionnelle qui s’ouvre ce matin au siège du Medef – FO organisait un point presse sur l’actualité économique et sociale. L’occasion, pour Jean-Claude Mailly d’évoquer une négociation « difficile », à l’heure où l’État « transfère de plus en plus la formation des demandeurs d’emploi aux Régions et aux partenaires sociaux ».

Un chômage à la baisse d’ici au mois de décembre comme s’y est engagé François Hollande lors de la conférence sociale ? Jean-Claude Mailly n’y croit pas. Et quand bien même cela serait, il ne s’agirait, de son point de vue, « que de l’effet du recrutement des emplois d’avenir ». Une hausse artificielle, donc, alors que FO maintient qu’aucune hausse de l’emploi ne saurait voir le jour à moins d’un retour à une croissance d’1,5 % par an ; objectif que le leader de la centrale de l’avenue du Maine se propose d’atteindre en sanctuarisant une fraction du Crédit d’impôt compétitivité-emploi (CICE ) – évaluée à 1,5 milliard [1] — afin de financer les crédits du Fonds national de l’emploi (FNE) et du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP). Durant l’été, FO a d’ailleurs écrit aux parlementaires pour leur proposer d’agir en ce sens dans le cadre de la future loi de finances pour 2014.

« Une nécessité alors que le gouvernement nous annonce qu’aucune évaluation des effets du CICE sur l’emploi ne sera possible avant deux ou trois ans et que le gouvernement, désespérément à la recherche d’argent, transfère la formation des demandeurs d’emploi aux Régions et aux partenaires sociaux ».

« Bercy se fait de l’argent sur le dos de l’Afpa »

Et c’est à l’aune de ce ciblage des crédits de la formation vers les chômeurs que ressurgit le dossier de l’Afpa. « Car le sujet n’est pas clos », a prévenu un Jean-Claude Mailly peu rassuré sur l’avenir d’une association qui doit moins sa survie économique et financière à une recapitalisation, mais à un crédit de Bercy qui continue à faire peser sur elle, tel une épée de Damoclès.

« L’État prête à l’Afpa à hauteur de 4 %... ce qui signifie que Bercy se fait de l’argent sur le dos de l’Afpa alors que la commande de formation en provenance de l’État et des Régions est décroissante et que le problème du patrimoine de l’association n’est toujours pas réglé ! », a tempêté le leader de FO qui enjoint les pouvoirs publics à entamer une vaste réflexion sur la mission de service public de l’Afpa.

Ces revendications, FO compte les porter durant les trois mois que la lettre de cadrage gouvernementale a donnés aux partenaires sociaux pour s’accorder sur une réforme de la formation. Et, d’ores et déjà, cette situation fait grincer des dents du côté de l’avenue du Maine, où l’on s’avoue mécontent que le politique ait imposé son agenda. « Franchement, il y en a un peu marre de ces calendriers pré-construits et imposés », a réagi Jean-Claude Mailly, « à force de nous imposer ce genre de conditions, c’est l’esprit même de la négociation sociale qui se voit remis en cause. »

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 25 septembre 2013.

[1FO suggère, à cet effet, de ramener le taux du CICE à 5,5 % au lieu de 6 % de la masse salariale.

Mis en ligne le 2 octobre 2013
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