0,9 %: Stéphane Lardy surpris que « Michel Sapin se cale sur une revendication patronale »

27 septembre
2013

« Le temps de la négociation démarre. C’est un temps de silence pour les pouvoirs publics. Il faut laisser les partenaires sociaux négocier. » C’est la réaction de Stéphane Lardy (secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi et de la formation professionnelle suite aux déclarations de Michel Sapin (ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social) (voir notre article) et d’Emmanuelle Wargon (Déléguée générale à l’Emploi et à la Formation professionnelle) (voir notre article), concernant l’éventuel assouplissement de la contribution légale due par les entreprises au titre du plan de formation (le « 0,9 »). S’il ne souhaite pas s’étendre sur le sujet, Stéphane Lardy se dit néanmoins surpris « que le ministre se cale sur une revendication patronale ».

« Je ne crois plus aux grandes réformes »

Alors que la négociation interprofessionnelle relative à la future réforme de la Formation professionnelle doit démarrer le 24 septembre prochain, le représentant FO est peu disert. « J’attends que chaque organisation se dévoile et donne clairement ses revendications », confie-t-il au Quotidien de la formation. « Les objectifs globaux ne changent pas », indique-t-il toutefois « Il faut discuter des moyens que nous mettrons sur la table pour améliorer la qualification, notamment dans les TPE-PME. » Définir clairement les financements, redéfinir la gouvernance du système de la formation professionnelle, le rôle du FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels)... tels sont notamment les sujets qu’il souhaite voir discuter. « Je ne crois plus aux grandes réformes, le système est trop complexe pour être revu et réformé de fond en comble. Mais je crois que la négociation peut créer une dynamique... », ajoute-t-il.

Contre la régionalisation

Le 11 septembre dernier, Stéphane Lardy a été reçu par le ministère du Travail dans le cadre de la concertation en cours sur la réforme de l’alternance. « Nous ne pensons pas que l’on puisse résoudre le problème de l’emploi des jeunes avec l’alternance. S’il n’y a pas de croissance dans notre pays, mécaniquement il n’y a pas d’embauche », explique le représentant de Force Ouvrière. Il a néanmoins de même fait connaitre au ministère du Travail les souhaits de son organisation dans le cadre de la future réforme.

« Nous sommes contre la régionalisation de la collecte de la taxe, car cela pourrait nuire à l’égalité d’accès et de traitement sur le territoire », explique Stéphane Lardy, fidèle à ses positions de toujours. S’il ne plaide pas non plus pour un système basé exclusivement sur des Octa adossés à un Opca , il considère toutefois qu’il serait possible d’introduire « plus de rationalisation dans le système. » « Nous souhaitons la réaffectation d’une partie du barème vers l’apprentissage. Mais attention, il ne faut pas que la réforme de la taxe d’apprentissage ne déshabille les lycées professionnels ! », ajoute-t-il.

Former les maîtres d’apprentissage

Pour Stéphane Lardy, un travail doit être mené en ce qui concerne les ruptures de contrats d’apprentissage. Il insiste notamment sur l’important d’un suivi social des apprentis : « des expériences sont menées, qui instaurent un tutorat pour les jeunes. Certaines missions locales font ce travail, ce n’est pas mal du tout », dit-il. De même, il souhaite que soit instaurée une obligation de formation pour les maîtres d’apprentissage, sur le modèle du permis de former, lancé par la branche de l’hôtellerie-restauration (voir notre article).

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 19 septembre 2013.

Mis en ligne le 27 septembre 2013
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