30 000 formations prioritaires : le bilan intermédiaire positif met en évidence le chemin qui reste à parcourir sur l’articulation branches-Régions (Pascale Gérard, ARF)

27 septembre
2013

Interrogée par le Quotidien de la formation mercredi 18 septembre, Pascale Gérard, vice-présidente de la région Paca déléguée à la formation professionnelle représentant l’Association des Régions de France (ARF), a donné son point de vue sur la deuxième réunion relative à la « mobilisation pour l’emploi ». Laquelle a réuni récemment des conseillers du ministre du Travail Michel Sapin, les partenaires sociaux et les Régions (voir notre article).

« Il faut le reconnaître. La mise en place du plan a mobilisé tout le monde dès cet été et on a progressé, ce qui n’était pas gagné si l’on considère que l’administration centrale est éminemment jacobine. Mais tout le monde s’y est mis. Du côté de l’État, Pôle emploi a joué à livre ouvert. Au-delà de ce plan, on est en train d’avancer sur le copilotage État-Régions », a expliqué Pascale Gérard à Centre Inffo.

Toutefois, le bilan d’étape fait apparaître que de nombreuses Régions n’ont pas communiqué les financements qu’elles destinent au plan. Ce dont elles ne sont pas responsables, selon elle : « À la différence des partenaires sociaux qui “disposaient” de 40 millions d’euros, non consommés, car l’appel d’offres consacré aux mutations économiques n’avait pas été lancé, les Régions doivent chercher des ressources nouvelles. Or, en septembre, les budgets sont largement entamés et il faut pousser les murs pour trouver de nouvelles ressources. Cela veut dire qu’il faut des décisions modificatives dans chaque délégation où on va chercher les fonds, et il faut que cela se vote. » Il reste, selon elle, beaucoup de chemin à parcourir pour une meilleure articulation : « Les partenaires sociaux ont un fonctionnement très vertical : FPSPP [1]-branches-Opca. Si la formation professionnelle doit répondre aux besoins des territoires, j’appelle de mes vœux une conférence des financeurs avec des partenaires sociaux très outillés, ce que je réclame depuis des années. »

La mise en place du plan des 30 000 formations prioritaires pour l’emploi a mis en évidence la position inconfortable des partenaires sociaux nationaux dans l’impossibilité de communiquer les financements disponibles en régions. Une situation que Pascale Gérard assimile à la sienne lorsqu’elle parle au nom de l’ARF, et ne peut s’engager sur la position de chaque Région : « Ce fonctionnement ne peut perdurer et l’enjeu de l’articulation branches-territoires que l’on discute depuis quinze ans doit être discuté à l’occasion de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle. »

À l’instar d’autres participants, elle voudrait plus de précisions à la vue du bilan quantitatif présenté le 16 septembre. « J’ai demandé un observatoire en termes d’unités d’heures de formation et non pas seulement en actions de formation. Certaines Régions financent des formations qualifiantes, d’autres pas. D’autre part, il faudra être vigilants en termes de suivi et être clairs sur les actions cofinancées : seront-elles comptées une fois, une demi-fois ? » Des questions qui seront certainement discutées par les équipes techniques le 30 septembre prochain.

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 19 septembre 2013.

[1Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels.

Mis en ligne le 27 septembre 2013
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