Réforme de la formation et concertation apprentissage... « Attention, danger pour la formation des cadres ! » (CFE-CGC)

25 septembre
2013

Ce mardi, c’est au tour de la CFE-CGC de se présenter au 101, rue de Grenelle pour faire connaître à Michel Sapin les propositions qu’elle compte défendre dans le cadre de la concertation sur l’apprentissage. Mais si l’alternance constitue le thème du jour, la centrale des cadres se prépare également à la négociation sur la formation professionnelle à venir. Tour d’horizon.

D’emblée, l’alternance n’apparaît pas, a priori, comme l’un des sujets majeurs de revendication de la CFE-CGC, conséquence du haut niveau de qualification généralement acquis par les personnels d’encadrement lors de leur formation initiale. Il n’empêche cependant qu’avec le développement de l’alternance à l’Université et, surtout, le fléchage d’une partie de la taxe d’apprentissage vers certains établissements d’enseignement supérieur (écoles de commerce, etc.), la centrale de la rue du Rocher s’estime légitimement concernée par ce dossier. 

« Malheureusement, certains persistent à penser que les étudiants qui s’inscrivent dans des établissements supérieurs prestigieux n’ont qu’à payer et assumer cette scolarité à leurs frais, mais c’est un mauvais calcul », affirme Dominique Jeuffrault, déléguée nationale de l’organisation syndicale pour les questions de formation, dans un entretien accordé au Quotidien de la formation, lundi 16 septembre. Un mauvais calcul car, selon elle, si ces établissements venaient à se voir privés d’une partie de cette taxe, ils n’auraient d’autres recours que d’augmenter leurs frais d’inscription, contraignant ainsi une partie des étudiants de renoncer à s’y inscrire ou à devoir s’endetter auprès d’organismes bancaires.

« Or, les enfants des classes supérieures, eux, pourront toujours accéder à ces établissements. En cas de diminution du financement de l’enseignement supérieur par le biais d’une partie de cette taxe, les enfants des classes moyennes et populaires se verraient lésés par le coût d’études auxquels ils n’auraient plus accès. C’est pourquoi, dans le cadre de cette concertation, nous demanderons une sanctuarisation d’une partie de la taxe vers les établissements de prestige. » Ce ne sera cependant pas la seule revendication de la Centrale de l’encadrement qui milite également pour une « rationalisation » — comprendre réduction — du nombre d’Octa et un adossement de ceux-ci aux Opca « à condition que leur gestion paritaire soit préservée ».

Cinq ans d’attente pour un Cif...

Pour autant, si la CFE-CGC entend peser dans la balance pour sanctuariser la formation initiale des futurs cadres par la voie de l’alternance, elle s’indique également particulièrement « vigilante » quant à l’accès à la formation continue de ceux déjà en place. « Il peut arriver que le dossier Cif d’un cadre soit bloqué cinq ans avant d’être traité », annonce Dominique Jeuffrault. Une situation qu’elle explique par le coût moyen que représente le congé de formation d’un cadre. « Ces Cif coûtent effectivement en moyenne trois fois le prix de ceux des salariés non cadres. Dans ces conditions, les Fongecif préfèrent appliquer la politique du chiffre et gonfler leurs statistiques en finançant prioritairement les non-cadres. »

Un CPF non opposable par l’employeur

Cette nécessité, pour les cadres, de pouvoir se former à titre individuel, la CFE-CGC l’avait reconnue, en janvier 2013, lorsqu’elle avait paraphé l’ANI sur la sécurisation de l’emploi, instaurant, entre autres, le compte personnel de formation. Mais la récente déclaration de Michel Sapin sur une possible « révision » de la cotisation obligatoire des entreprises aux dépenses de formation (lire) a déclenché les sirènes d’alerte, rue du Rocher, où l’on a qualifié cette possible suppression du 0,9 % de « quasi hold-up » (lire). « Attention, danger ! », prévient la déléguée nationale, « nous serons particulièrement attentifs sur la façon dont ce compte sera abondé. Nous sommes favorables à un financement exercé au travers des comptes épargne-temps des salariés afin d’éviter de voir encore des cadres obligés de se former pendant leurs congés ». Et pour cela, la CFE-CGC insiste sur le caractère non opposable de ce nouveau droit. « Qu’un employeur puisse refuser à un cadre d’utiliser son compte personnel une fois, pourquoi pas, mais la deuxième demande doit être satisfaite. »

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 17 septembre 2013.

Mis en ligne le 25 septembre 2013
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