Révision du 0,9% : « Pas un hold-up, mais presque... » pour la CFE-CGC

19 septembre
2013

L’annonce, le 11 septembre dernier, par Michel Sapin d’une possible « révision » de l’obligation légale de financement de la formation des entreprises (lire) a fait grincer des dents à la CFE-CGC. « Pas un hold-up franc et massif, mais presque... », jugeait Marie-Françoise Leflon, secrétaire générale de la centrale des cadres à l’occasion d’un entretien accordé au Quotidien de la formation, vendredi 13 septembre.

Rue du Rocher, en effet, on considère qu’une diminution du fameux « 0,9 % » aurait pour conséquence une réduction des fonds de la formation professionnelle dont les cadres pourraient être les premières victimes. « Au fil des années, on a progressivement déshabillé l’encadrement de ses droits à la formation », estimait celle qui, depuis le congrès de Saint-Malo d’avril dernier, occupe la place de n° 2 de l’organisation syndicale.

La faute, selon elle, à « ce préjugé qui voudrait que les cadres, parce qu’ils bénéficient souvent d’une formation initiale supérieure, aient moins besoin de se former que les autres salariés. » Et si l’annonce du ministre venait à se concrétiser, Marie-Françoise Leflon craint que la réduction – voire la suppression – de l’obligation légale ne s’accompagne d’une baisse du niveau de compétences et donc d’employabilité des personnels d’encadrement. « Que les politiques de formation tiennent compte des besoins des salariés les moins formés, la CFE-CGC l’accepte parfaitement au nom de la solidarité, mais arrêtons de croire que les cadres n’ont pas besoin de bénéficier d’actions de formation aussi ambitieuses que les non-cadres. Aujourd’hui, ce qu’on accorde aux cadres, c’est le droit de s’auto-former en e-learning et c’est tout ! »

C’est donc avec vigilance que la CFE-CGC compte entamer les négociations à venir sur la réforme de la formation professionnelle, particulièrement concernant une éventuelle atteinte au 0,9 % « qui ne peut que satisfaire le Medef », a annoncé Marie-Françoise Leflon. D’autant qu’à ses yeux, toute remise en cause de l’obligation légale du financement de la formation ne profiterait aux entreprises qu’à très court terme.

« Dans la situation de concurrence internationale que nous connaissons, les cadres ont plus que jamais besoin d’un accès plein et entier à la formation professionnelle, particulièrement dans les domaines du développement durable, de l’économie verte, des nouvelles technologies ou de la reprise d’entreprises.... Ce sont les cadres qui contribuent à créer la richesse des entreprises. Si on ne les forme pas au monde de de demain, comment le fabriquerons-nous ? »

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 16 septembre 2013.

Mis en ligne le 19 septembre 2013
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