Laurent Berger appelle à une « affectation différente » de la contribution des entreprises pour financer le compte personnel de formation

9 septembre
2013

C’est à la construction d’un « nouvel horizon social » qu’a appelé Laurent Berger, le 2 septembre 2013, à l’occasion de la conférence de rentrée de la CFDT. Le premier exercice du genre pour celui qui a succédé à François Chérèque en novembre 2012. Un « nouvel horizon » qui ne se limite pas à la seule question des retraites – pourtant amplement débattue à l’occasion de cette rentrée sociale – mais englobe l’ensemble des dossiers d’urgence examinés lors de la Conférence sociale de juin dernier, parmi lesquelles une grande réforme de la formation professionnelle que la Centrale de Belleville appelle de ses vœux.

Mais d’abord, la priorité des priorités : « l’emploi, et notamment celui des jeunes ! » a martelé le secrétaire général de la CFDT qui, à cette occasion, a directement apostrophé le patronat, lui demandant « d’aller plus loin sur les contrats de génération ». L’urgence, ce sont aussi les 30 000 formations prioritaires destinées à autant de demandeurs d’emploi qu’il appartient aux partenaires sociaux d’identifier avant la fin de l’année. Mais au-delà de l’urgence, ce sont trois dossiers « formation » imminents qui sont placés à l’agenda. La concertation quadripartite sur le compte personnel de formation et le conseil en évolution professionnelle, la négociation interprofessionnelle sur la formation et la concertation sur le financement de l’apprentissage. Trois chantiers qui s’ouvriront dans les semaines à venir.

Le CPF constituait l’un des dispositifs que la CFDT avait défendu lors de la dernière négociation interpro, qui s’était conclue par l’ANI sur la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013. Un compte que la Centrale syndicale compte bien transformer « en outil de sécurisation des parcours professionnels de tous les salariés, des demandeurs d’emploi ; de leur émancipation personnelle et de leur promotion sociale ». Si les objectifs de ce (futur) compte sont connus, Laurent Berger aura, cependant, pour la première fois, esquissé les dispositifs techniques par lesquels l’outil pourrait se voir alimenté et géré. Côté financements, le n°1 cédétiste a suggéré une « affectation différente » de la contribution formation des entreprises, mais aussi une simplification de la gouvernance de la collecte et une possibilité accrue, pour le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) de cofinancer des projets concertés entre État, Régions et partenaires sociaux, particulièrement en direction des « filières d’avenir et des emplois de demain ». Côté gestion, le successeur de François Chérèque a plaidé pour la création d’un vaste service public de l’orientation et, surtout, pour que la formation devienne un « objet de dialogue social » au niveau des comités d’entreprises et des territoires. « Le centre de gravité de notre action, c’est la qualité », a résumé Laurent Berger, « la qualité de l’emploi, la qualité des qualifications et donc de la formation ».

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 3 septembre 2013.

Mis en ligne le 9 septembre 2013
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