« L’État n’avait pas à transmettre un document d’orientation aux partenaires sociaux » (Gérard Cherpion, député UMP)

11 juillet
2013

Les réformes de la formation ou le changement dans la continuité ? « En matière de réforme de la formation professionnelle, l’actuel gouvernement fait la même chose que le précédent, que je soutenais. Il inverse complètement les facteurs. Or, ce n’est pas à l’État de donner un document d’orientation (voir notre article) aux partenaires sociaux. C’est aux acteurs qu’il revient de faire des propositions et de conclure sur un ANI  », tranche Gérard Cherpion, député UMP des Vosges, rapporteur de la réforme de 2009 à l’Assemblée nationale, dans un entretien accordé au Quotidien de la formation, mercredi 10 juillet.

Le parlementaire d’opposition déplore la méthode. « Le document d’orientation est beaucoup trop orienté, ironise-t-il. Le gouvernement dit aux partenaires sociaux, ’’vous avez quatre mois pour conclure la négociation. Alors que ce devrait être l’inverse. Les organisations patronales et syndicales devraient d’abord négocier. Le gouvernement n’interviendrait alors que dans un second temps, puis le législateur ».

Les 30 000 formations prioritaires en direction des chômeurs ne trouvent guère plus de grâce à ses yeux. « Ce sont les entreprises qui cotisent au titre de la formation professionnelle, ce sont à elles et aux branches de choisir leurs priorités, pas au gouvernement », estime Gérard Cherpion.

Sceptique sur «  la logique comptable » du gouvernement, le député UMP n’est pas convaincu par la pertinence de l’objectif de former un chômeur sur deux fixé par François Hollande. « Comment choisir les chômeurs qui doivent être formés ? Selon quels critères », interroge Gérard Cherpion. 

S’il valide globalement les axes du document d’orientation - « si le futur compte personnel de formation favorise les reconversions, dans le cadre de deuxièmes et troisièmes carrières, cela sera positif »- le parlementaire appelle de ses vœux une réforme de la collecte de la taxe d’apprentissage.

Il y a aujourd’hui plus de 140 organismes collecteurs de la taxe d’apprentissage. « Comme avec les Opca, il faudrait réduire le nombre des Octa à 25 ou 15 », conclut-il.

David Garcia
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 11 juillet 2013.

Mis en ligne le 11 juillet 2013
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