Réforme de la formation : « Le FPSPP est le grand absent du document d’orientation fourni aux partenaires sociaux » (Jean-Pierre Therry, CFTC)

10 juillet
2013

« Le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels) est le grand absent du document d’orientation fourni aux partenaires sociaux. Cela m’inquiète ! » Telle est la réaction de Jean-Pierre Therry (CFTC) face au document d’orientation fourni par le gouvernement aux partenaires sociaux, mardi 9 juillet 2013, et qui leur détaille les principes devant guider la future négociation interprofessionnelle relative à la formation professionnelle (voir notre article). Cette négociation devrait démarrer en septembre prochain, pour aboutir avant la fin de l’année 2013. Le gouvernement souhaite en effet présenter un projet de loi d’ici 2014.

« Je veux que le FPSPP garde son fonctionnement et son financement », martèle le représentant CFTC. «  Il faut en revanche que le nombre d’appels à projets diminue, que ceux-ci soient plus ciblés. Il me semble important, notamment, que le Fonds permette la formation des salariés des TPE-PME. L’année dernière, 80 % de son enveloppe a été consacrée aux demandeurs d’emploi. On ne peut pas dire que les partenaires sociaux n’ont pas répondu à la commande de l’État ! Mais tout de même, le FPSPP a un rôle à jouer auprès des salariés les moins qualifiés. Nous mettrons cela sur la table à l’occasion de la négociation interprofessionnelle ! »

Clarifier le financement

De manière générale, si Jean-Pierre Therry dit apprécier l’introduction du document, et notamment les références faites à la loi Delors de 1971, il s’inquiète plus concrètement des questions relatives au financement du compte personnel de formation. « Je voudrais qu’une réunion des financeurs soit intégrée à la concertation quadripartite –État/régions/syndicats/patronat- qui a lieu en parallèle de la négociation. Il faut savoir qui met quoi au pot !  », déclare-t-il.

Il s’interroge également sur l’ambition affichée dans le document d’une réarticulation des dispositifs de formation existant. «  On nous dit que l’on va supprimer le Dif (Droit individuel à la formation), mais moi je ne suis pas sûr que ce soit nécessaire. Pourquoi ne pas l’intégrer dans l’enveloppe du CPF ? ». Il craint également toute modification de la période de professionnalisation, et ne souhaite pas, en revanche, son intégration dans le compte.

Définir des priorités

Pour Jean-Pierre Therry, il sera important, au cours de la négociation interprofessionnelle, de définir des publics prioritaires pour bénéficier de formation au titre du CFP. « Dans les premières années de mise en œuvre de la réforme, et même si dans les textes, le compte est universel, il sera impossible de prendre en charge la formation de tout le monde ! Cela ne veut pas dire que des salariés ne pourront pas en bénéficier, mais qu’il faut définir des enveloppes  ! »

Un timing « trop serré »

Le représentant de la CFTC juge le timing « trop serré » et doute de la capacité des partenaires sociaux à aboutir à un accord avant la fin 2013. « Nous avons énormément de questions à traiter dans cette réforme, puisqu’il nous faudra, en plus du compte personnel de formation, nous attaquer à la question de l’alternance, qui fera l’objet d’une concertation à part, ou encore des dispositions ayant trait à la décentralisation ! ».

Il indique qu’il réunira l’ensemble des coordinateurs régionaux de la CFTC lors de la première semaine de septembre, afin de définir les propositions que fera le syndicat lors de la négociation.

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 10 juillet 2013.

Mis en ligne le 10 juillet 2013
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