Jean-Marie Luttringer juge « réaliste et raisonnable » l’objectif des 30 000

9 juillet
2013

« Former les chômeurs en attendant que cela aille mieux, d’accord, il faut bien écoper..., mais le véritable sens n’est pas là, il est dans la finalité de la formation : l’accès à la qualification pour ceux qui n’en ont pas eu en formation initiale, la perspective d’évoluer d’au moins un niveau au cours de sa vie professionnelle pour les autres. » Ainsi le juriste consultant Jean-Marie Luttringer commente-t-il au Quotidien de la formation l’esprit de la conférence sociale 2013.

S’il ne conteste pas que le traitement à court terme du chômage nécessite des mesures du type "plan de formations prioritaires pour l’emploi", le consultant se réjouit d’avoir trouvé dans la partie Emploi/Formation de la feuille de route sociale des éléments de nature à développer « une approche plus structurante, sur le long terme » (voir encadré). À savoir ? « S’attaquer à la question de la qualification et de l’augmentation de la qualification. Je pense qu’il faut tenir les deux bouts de la chaîne, c’est cet objectif-là qui peut donner du sens à la future réforme, ce n’est pas le court terme », estime Jean-Marie Luttringer dans un entretien accordé lundi 8 juillet. Et de souligner qu’au regard des enjeux de la société de la connaissance et de l’individu-acteur, c’est bien la qualification « valeur d’échange sur le marché du travail » qui constitue le « viatique essentiel ».

En matière d’emplois non pourvus, Jean-Marie Luttringer apprécie que le discours « excessif » de l’ère Fillon-Sarkozy et du début du présent quinquennat soit semble-t-il passé de mode. Aussi juge-t-il plus « réaliste et raisonnable » l’objectif des 30 000 [1] : « Tous les demandeurs d’emploi n’ont pas besoin de formation, prétendre que l’on saisit l’opportunité du chômage pour former en masse n’a pas beaucoup de sens », commente-t-il, « les gens ne se forment que quand ils y ont intérêt, cela ne sert à rien de les mettre dans des "stages parking" ».

La qualification, facteur "structurant" du long terme
Le chapitre Mobiliser pour l’emploi et la formation professionnelle de la feuille de route 2013 mentionne explicitement cet aspect dès la formulation de ses constats et objectifs : « Ces efforts doivent répondre à l’urgence de l’heure mais ils doivent aussi s’inscrire dans la logique de préparation de l’avenir. Il importe dès maintenant d’organiser la production des qualifications de demain. » Les chantiers prioritaires sont ensuite en effet scindés entre la « mobilisation générale immédiate pour l’emploi » et les « chantiers structurants pour préparer l’avenir ».

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 9 juillet 2013.

[1entrée en formation de 30 000 demandeurs d’emploi supplémentaires en quatre mois à la rentrée 2013

Mis en ligne le 9 juillet 2013
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