Le nouveau président du Medef circonspect sur le maintien du "0,9%"

4 juillet
2013

Intronisé mercredi 3 juillet, le nouveau président du Medef Pierre Gattaz s’est montré prudent sur l’éventuelle suppression de la contribution des entreprises au Plan de formation.

Un sacre davantage qu’une élection. En lui accordant 476 voix sur 501 – soit 95% des suffrages – l’assemblée générale du Medef, qui se tenait au Palais des Congrès de Paris, a confortablement installé Pierre Gattaz dans le fauteuil présidentiel du mouvement patronal. Son rival malheureux, Hervé Lambel, n’aura pour sa part recueilli que huit soutiens. Pour autant, ce résultat n’a rien de surprenant, puisqu’en se ralliant à sa candidature dès le mois dernier, ses deux principaux concurrents, Patrick Bernasconi [1] et Geoffroy Roux de Bézieux [2], avaient offert un boulevard radieux au PDG de Radiall qui avait d’ailleurs déjà commencé à réorganiser l’organisation avant même la formalité élective d’hier.

Sans surprise, les thèmes de la fiscalité des entreprises, des retraites et de la compétitivité constitueront la trame principale du « Pacte de confiance » que le Medef tentera de proposer au gouvernement. Toutefois, le successeur de Laurence Parisot [3] n’a pas manqué de rappeler, dans son discours d’investiture, le rôle moral des entreprises dans « la formation, le développement des compétences et l’employabilité de leurs collaborateurs ».

Début juin, Pierre Gattaz avait confié au Quotidien de la formation, qu’à ses yeux, « l’obligation de former ou payer ne se justifiait plus » (lire) et militait pour la suppression de la cotisation obligatoire des entreprises aux fonds de la formation (le « 0,9% »). Il s’agissait alors du discours du candidat Gattaz, celui qui prétendait incarner un « patronat de combat » prêt, au besoin, à claquer la porte de négociations si celles-ci venaient à tourner en défaveur des employeurs. Aujourd’hui, toutefois, c’est un Pierre Gattaz élu qui, confronté à la même question quant au devenir du 0,9%, s’avouait « incapable de répondre aussi brutalement sur la disparition de la cotisation obligatoire ». Une position radoucie, donc pour celui qui, dans son discours, a particulièrement insisté sur l’importance du dialogue social dans le paysage des réformes à venir. Des paroles tempérées dans la bouche de Pierre Gattaz même si, en aparté, on soulignait, dans l’entourage du nouveau patron des patrons que « sur le fond des dossiers, la position du Medef demeure, dans les grandes lignes, inchangée... ».

La réforme de la formation, dont les négociations s’ouvriront en septembre, constitue précisément l’un des dossiers que la nouvelle présidence devra prendre à bras-le-corps dès la rentrée. Pour l’heure, l’organisation patronale attend le document d’orientation gouvernemental – qui devrait tomber d’ici la fin de la semaine ou le début de la suivante – pour déterminer la position qui sera la sienne dans cette réforme, particulièrement sur ses propositions quant à la façon d’abonder le futur compte personnel de formation. Une position d’autant plus réservée que le premier conseil exécutif de « l’ère Gattaz », qui pourrait se traduire par des mouvements dans l’organigramme patronal, ne se tiendra que le lundi 8 juillet.

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 4 juillet 2013.

[1Désormais vice-président délégué en charge des mandats, ainsi que des branches et des territoires. Chargé par ailleurs d’une réflexion sur les "nouveaux moyens" à accorder aux réseaux territoriaux du Medef et aux relations avec les élus locaux.

[2Aujourd’hui vice-président délégué et trésorier, en charge de l’économie, de la fiscalité, de l’innovation, et du numérique.

[3Nommée "présidente d’honneur" du Medef.

Mis en ligne le 4 juillet 2013
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