Les faibles usages du DIF doivent être pris en compte dans les débats relatifs au compte personnel de formation (Céreq)

20 juin
2013

Au moment où l’Etat, les partenaires sociaux et les Régions, discutent du compte personnel de formation (CPF), le Céreq revient sur les usages du droit individuel à la formation (DIF). En effet, ce dernier devrait être absorbé par le CPF et ainsi disparaître. Le constat concernant l’usage et la mise en œuvre du DIF « est en réalité assez décevant », souligne le Céreq dans un communiqué du 17 juin 2013. « De fait, lorsqu’en 2011 seuls 5,2 % des salariés l’ont utilisé et avec une durée moyenne des formations qui stagne autour d’une vingtaine d’heures, le DIF n’a pas remporté le succès escompté », confirme le centre d’études. Le dispositif est peu utilisé, les taux d’accès sont faibles, les durées courtes et les ouvriers des petites entreprises sont nettement moins concernés que les cadres des grands groupes. « On est donc loin des effets escomptés pour un dispositif majeur de la réforme. Cet usage évoque plutôt un type d’action de formation relevant plus de l’adaptation à l’emploi que du développement des compétences. Sans parler d’échec, on ne peut que s’interroger sur la portée limitée d’un tel dispositif. Son objectif initial était pourtant de faire accéder à la formation ceux qui en étaient le plus éloignés ou exclus. Où se situent les blocages et les difficultés ? », s’interroge le Céreq.

Le manque d’information et d’accompagnement des salariés peut expliquer son faible développement. « L’information du salarié dépend largement de la façon dont l’entreprise s’empare du dispositif et l’articule, dans sa politique de formation, à d’autres outils, notamment la gestion de la mobilité professionnelle. Même dans celles qui déclarent avoir mené une campagne d’information sur le DIF, le message n’est pas toujours entendu, et encore moins par les salariés occupant les postes les moins qualifiés », expose le Céreq au regard des diverses enquêtes qu’il a menées auprès des entreprises. A ce titre, « il est difficile de penser qu’un compte personnel adossé aux mêmes règles que le DIF pourrait connaître un autre devenir. L’essor d’un tel dispositif apparaît finalement lié à un enjeu plus large pour les entreprises : celui de définir une stratégie de gestion sécurisée des parcours professionnels à partir d’une politique de formation articulée autour de cet objectif prioritaire ». En conclusion, le Céreq indique que ce bilan partiel des faibles usages du DIF « mérite d’être pris en compte dans les débats sur les modalités d’instauration du CPF, puisque la récente loi en fait à l’évidence un outil s’apparentant très fortement à une extension du DIF ».

Philippe Grandin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 20 juin 2013.

Mis en ligne le 20 juin 2013
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