Compte personnel de formation : « Son abondement doit faire l’objet d’une véritable concertation entre l’État, les Régions et les partenaires sociaux » (Jean-Pierre Therry, CFTC)

14 juin
2013

« Avant même d’arrêter une position sur le ciblage des publics, il est nécessaire de résoudre les questions de financement pour la mise en œuvre du compte personnel de formation (CPF) », considère Jean-Pierre Therry, secrétaire confédéral en charge de la formation à la CFTC. Il participait, le 12 juin 2013, avec Michel Charbonnier, conseiller technique CFTC, à la deuxième séance de concertation sur la mise en œuvre du CPF entre l’Etat, les Régions et les partenaires sociaux, comme le prévoit la loi sur la sécurisation de l’emploi adoptée le 14 mai. « Nous sommes d’accord pour dire que l’État, les Régions, les partenaires sociaux, ou encore les branches professionnelles, participent à ce financement mais il reste encore à déterminer dans quelle proportion », fait valoir Jean-Pierre Therry, interrogé par le Quotidien de la formation le 13 juin. En outre, il n’est « pas contre » le financement du CPF par le «  0,5 % professionnalisation (contrat et période de professionnalisation, et droit individuel à la formation — DIF) ». « Le DIF pourrait disparaître et être intégré au CPF, cela ne me gêne pas, mais la question est de savoir comment les partenaires sociaux doivent réguler cette partie professionnalisation », estime-t-il. Jean-Pierre Therry ne s’oppose pas non plus à un financement via « une partie du 0,9 % (plan de formation) » tout en refusant fermement d’y consacrer une partie du 0,2 % (congé individuel de formation — CIF). « La problématique de l’abondement doit faire l’objet d’une véritable concertation entre l’État, les Régions et les partenaires sociaux, puisque le DIF ne peut à lui seul financer ce futur CPF. À ce titre, la CFTC demande qu’à l’ouverture du CPF, son abondement soit inversement proportionnel au regard du parcours du jeune en milieu scolaire. » La CFTC demande également l’ouverture d’une « véritable conférence des financeurs afin de déterminer qui finance quoi et à hauteur de combien ».

Pour la CFTC, certains points sont encore à clarifier concernant la mise en œuvre du CPF. Quid de la gouvernance de ce dispositif ? « Le FPSPP nous paraît le lieu unique pour gérer ce dispositif d’autant qu’il se dotera dans les mois à venir d’un nouveau système d’information plus performant. Les partenaires sociaux feront le point avec l’Association des Régions de France (ARF) à chaque étape de la négociation sur la formation professionnelle continue (FPC) qui devrait s’ouvrir dès le mois de septembre », plaide Jean-Pierre Therry. Au sujet des publics prioritaires, il énumère : « Jeunes, demandeurs d’emploi, salariés des PME-TPE, salariés des entreprises ne maîtrisant pas le niveau de connaissances et de compétences tel que définit par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), publics prioritaires définis par accord de branche, personnes inscrites à Pôle emploi et dans les Missions locales ». Mais, assure-t-il, « la négociation sur la formation professionnelle intégrera sûrement d’autres publics ».

Philippe Grandin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 14 juin 2013.

Mis en ligne le 14 juin 2013
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