Les consultants-formateurs indépendants plaident pour un « Grenelle de la formation »

3 mai
2013

À l’heure actuelle, les consultants formateurs exerçant leur activité sous statut de profession libérale représentent près de 23 % des organismes recensés en France, (mais seulement 3 % du chiffre d’affaires de la profession) [1].

Et, depuis la réforme de 2009, leur principal syndicat, le Sycfi, constate « une régression sans précédent de la formation professionnelle ». Une régression se traduisant, selon l’organisation syndicale, par « un investissement en ingénierie de formation au bénéfice de stages trop standardisés », à la promotion « assurée par des catalogues ’’marketés’’ avec soin qui tiennent trop souvent lieu d’analyse de la demande ». Et si les conséquences de la loi du 24 novembre 2009 ont été, aux yeux du Sycfi, de « précariser le métier de formateur indépendant », il avoue craindre « que celle de 2013 ne les consigne définitivement à un rôle de contremaître à statut précaire, au service d’une formation professionnelle recentrée sur une logique de production industrielle ».

Or, à l’en croire, le Sycfi n’a pas perçu, dans les récentes déclarations gouvernementales concernant la future réforme de la formation, « la volonté d’associer à la concertation les acteurs de la société civile qui font vivre les dispositifs au quotidien ». Dans le but de participer aux débats, l’organisation a donc décidé, dans un premier temps, de s’associer au Collectif des présidents d’associations pour l’amélioration de la formation professionnelle piloté par Yves Attou (Lionel Soubeyran, président du Sycfi fut même l’un des trois membres fondateurs de ce Collectif dont il est actuellement le porte-parole), mais, plus récemment – le 19 avril – de soumettre à Michel Sapin l’idée d’un « Grenelle de la formation professionnelle », préalablement à la présentation d’une loi portant sur une réforme de la formation professionnelle.

Un « Grenelle » qui viserait avant tout à rapprocher les organismes les plus petits des plus gros, dans une logique de partenariats et « d’optimisation des ressources », les premiers assurant la maîtrise d’ouvrage des grands dispositifs, les seconds pouvant constituer, selon l’expression de Lionel Soubeyran, « les tailleurs sur mesure »des contenus de formation. De plus, ajoute le Sycfi, « le recours aux formateurs indépendants est plus économique (frais de structure faibles) et impacte moins les ressources des Opca ». En son temps, Thierry Repentin, alors ministre de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, avait d’ailleurs souhaité « la mise en œuvre d’une logique d’échange et de valorisation des savoir-faire pour donner à voir un visage dynamique entreprenant et rigoureux des acteurs de la formation ». Une dynamique dont le Sycfi espère qu’elle reste celle de la nouvelle équipe réunie autour de Michel Sapin.

« Les acteurs de la société civile qui ont les mains dans le cambouis et font vivre au quotidien les dispositifs sont légitimes et compétents pour apporter leur contribution » estime le syndicat, « les enjeux de la formation sont transversaux et, sur ce point, la démocratie sociale ne peut se limiter à la négociation entre partenaires sociaux ni même à une concertation organisée sous la pression de l’urgence ». Demeure à attendre la réponse du ministre du Travail.

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 3 mai 2013.

[1Alors que, selon la Dares, 2 % des autres OF pèsent près de 47 % du CA total de la formation professionnelle en France. Voir l’Inffo formation, n°828.

Mis en ligne le 3 mai 2013
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