« Baisser les coûts de gestion sur les fonds de la formation professionnelle peut permettre de dégager plus de moyens » (Michel Sapin)

27 mars
2013

« Je pense d’ores et déjà pouvoir affirmer que la réforme de la formation professionnelle passera par une négociation interprofessionnelle », indique Michel Sapin, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, reçu par l’European american Press club, mardi 26 janvier 2013.

Il confirme ainsi cette possibilité déjà évoquée par Thierry Repentin, ex-ministre de la Formation professionnelle et et de l’Apprentissage (voir notre article). « En effet, selon l’article L1 du code du travail, la formation professionnelle fait partie des domaines pour lesquels tout projet de réforme envisagé par le gouvernement fait l’objet d’une concertation préalable avec les partenaires sociaux en vue de l’ouverture éventuelle d’une négociation », ajoute-t-il.

Michel Sapin, un ministre « expérimenté »

Interrogé sur le récent départ de, Thierry Repentin pour le ministère délégué aux Affaires européennes, et sur l’éventualité de son remplacement, Michel Sapin déclare : « Le président de la République a fait le choix de ne pas faire venir de nouvelles têtes au sein du gouvernement. Il a souhaité faire appel à l’un des meilleurs pour remplacer Bernard Cazeneuve. [1] En effet, Thierry Repentin a fait du très bon travail. » Il semblerait donc que la réforme « courageuse » de la formation professionnelle, appelée de ses vœux par François Hollande (voir notre article) qui doit voir le jour à l’hiver prochain, sera pilotée par Michel Sapin. Si ce dernier dit avoir pris note de certaines inquiétudes exprimées dans la presse au sujet du départ de Thierry Repentin, il tient à rappeler que la Formation professionnelle fait partie de son portefeuille ministériel depuis mai 2012 et se veut rassurant : « j’ai suivi ces questions depuis le début  », assure-t-il.

Une « articulation logique » avec l’Ani sécurisation de l’emploi

«  Il y a une articulation logique entre l’Ani du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l’emploi et la réforme de la formation professionnelle. En effet, l’accord pose le principe, le socle du compte personnel de formation. À présent celui-ci doit être mis en place ! » Ainsi, Michel Sapin affirme que des l’adoption de la loi relative à la sécurisation de l’emploi - qui transpose l’Ani -, d’ici la fin du mois d’avril, il embrayera sur la réforme de la formation professionnelle. « Je commence déjà à mener des concertations avec les partenaires sociaux », ajoute-t-il. Ces concertations sur le CPF (Compte personnel de formation) devraient être suivies, avant l’été, d’une rencontre quadripartite (Régions, État, patronat et syndicats de salariés) ayant pour thème les modalités de financement du compte, puis d’une grande conférence sociale. C’est ensuite que l’ouverture d’une négociation nationale interprofessionnelle devrait intervenir.

Par ailleurs, Michel Sapin rappelle que des publics prioritaires en termes de besoins de formation ont d’ores et déjà été identifiés par le gouvernement : les jeunes sans qualification, les demandeurs d’emploi, les salariés les moins formés et les salariés en reconversion. « Il n’y a pas adéquation entre la masse financière et les besoins qui sont énormes. C’est pour cela qu’il est nécessaire de revoir la ‘tuyauterie’, les circuits de financements. Il ne s’agit pas d’augmenter les moyens mais d’augmenter l’efficacité du système pour que la formation aille à ceux qui en ont le plus besoin », déclare le ministre. « Baisser les coûts de gestion des fonds de la formation professionnelle peut notamment permettre de dégager encore plus de moyens », glisse-t-il.

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 27 mars 2013.

[1Ex ministre délégué aux affaires européennes, et ministre délégué au Budget depuis le 19 mars. Il reprend le portefeuille de Jérôme Cahuzac suite à la démission de celui-ci.

Mis en ligne le 27 mars 2013
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