Le compte personnel de formation : « un droit pas finançable et pas financé » (Thierry Lepaon)

15 mars
2013

«  Le Compte personnel de formation, c’est le Dif (Droit individuel de formation). Il n’y a pas de nouveauté dans le texte de l’Ani du 11 janvier 2011. Pire encore : le texte indique que ce compte est opposable, transférable et individuel. Ce sont des notions qui nous sont chères. Ces trois mots là ont été portés par la CGT en 2003 dans l’accord interprofessionnel [relatif à l’accès des salariés à la formation tout au long de la vie professionnelle]. Mais l’on transforme ces forces en handicap. »

C’est ce que déclare Thierry Lepaon, futur secrétaire général de la CGT, à l’occasion d’une audition de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale sur le projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi. Devant les députés, il s’est exprimé sur les raisons qui ont poussé à ne pas signer l’Ani du 11 janvier 2013 que transpose la loi, accord dont il considère qu’il « abolit les garanties pour les salariés ».

Des réserves qui s’étendent au nouveau compte personnel de formation dont le principe est repris par le projet de loi, mais dont les modalités de fonctionnement et de financement devraient être renvoyées à une prochaine négociation paritaire. « Ce dispositif permet de cumuler 20 heures de formation par an pendant 6 ans, et de les transférer dans le sac à dos du salarié, mais ce droit porté uniquement par le salarié, puisqu’il n’est pas finançable, ni financé. Entre deux salariés, dont l’un à dans son sac à dos 120 heures, et un autre qui n’a pas d’heures... Quel est celui que va embaucher l’employeur ? Celui qui n’aura pas 120 heures à financer. Je veux bien que vous me donniez le nom, le prénom et l’adresse de l’employeur prêt à financer 120 heures à un salarié qui n’a même pas commencé à travailler », dit-il.

Francine Blanche (Secrétaire confédérale de la CGT chargée des droits des salariés), également présente lors de l’audition, regrette de son côté que l’Ani du 11 janvier 2013 et le projet de loi n’aient pas attendu les conclusions du rapport du CNFPTLV (Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie) pour aborder le sujet du compte personnel de formation.

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 15 mars 2013.

Mis en ligne le 15 mars 2013
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