« Les pouvoirs publics n’ont pas levé les vrais obstacles à la réforme de la formation  » (Pierre Ferracci)

14 mai
2012

« La vraie bonne idée et la véritable avancée, c’est la focalisation sur la formation des demandeurs d’emploi. La création du FPSPP [1] a été une bonne chose mais l’usage qui en est fait est décevant », regrette Pierre Ferracci, président du groupe Alpha, ancien président du groupe multipartite préparatoire à l’Ani du janvier 2009 dans son commentaire sur la réforme de la formation professionnelle du dernier quinquennat lors d’un entretien accordé au Quotidien de la formation, vendredi 11 mai.

Au crédit du gouvernement sortant, il ajoute la transformation des OPCA : « Pas seulement la concentration. C’est surtout l’idée du service, du conseil et des réponses aux entreprises en matière de GPEC [2] qu’il faut retenir »

Mais la « grande déception » est imputable selon lui, plus aux pouvoirs publics qu’aux partenaires sociaux « Ils n’ont pas levé les vrais obstacles à la réforme », argue Pierre Ferracci. « J’ai toujours été partisan d’une réforme globale de la formation, aussi bien de la formation initiale que la formation continue » ajoute-t-il.

Deuxième échec : la clarification des compétences entre l’État et les Régions « On est encore dans le trouble. On avait même le sentiment que les pouvoirs publics voulaient confier à Pôle emploi les prérogatives des Régions en matière de formation. Alors qu’on n’a pas le service public de l’emploi qu’on aurait pu construire » L’Afpa est selon lui un exemple emblématique de la réforme non achevée : il n’est plus un organisme national et pas encore un organisme de formation vraiment opérationnel. « C’est à mon avis un des premiers sujets à traiter par le prochain gouvernement, et même plus prioritaire que Pôle emploi » estime-t-il.

Pierre Ferracci regrette également que le président sortant n’ait pas réformé le paritarisme qu’il appelle « démocratie sociale » afin qu’il se finance autrement qu’en puisant dans les fonds de la formation professionnelle « il faut donner d’autres moyens aux organisations syndicales » Enfin il estime que l’enjeu de l’orientation n’a pas été apprécié à sa juste valeur « On a doté l’orientation de moyens dérisoires. La mission interministérielle n’a pas de surface et d’outils conséquents. Derrière tout cela il y a aussi le problème des compétences : c’est au niveau des territoires qu’il faut des moyens sur la formation des demandeurs d’emploi et l’orientation des jeunes. »

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 14 mai 2012.

[1Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels

[2Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

Mis en ligne le 14 mai 2012
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