Rapport Larcher : « certaines propositions sont intéressantes, d’autres peu réalistes et d’autres dangereuses » Djamal Teskouk (CGT)

18 avril
2012

Djamal Teskouk, conseiller confédéral en charge de la formation professionnelle à la CGT a étudié dans le détail le rapport Larcher, et constate qu’il reprend « pour partie l’analyse ainsi que certaines [des] propositions du rapport du conseil économique, social et environnemental (CESE) », a-t-il expliqué au Quotidien de la formation, mardi 17 avril. Pris entre les injonctions présidentielles et la prise en compte des réalités, il note que le sénateur des Yvelines « a tenté de trouver une voie intermédiaire. ». Mais, ajoute-t-il, si « certaines de ses propositions sont intéressantes, d’autres peu réalistes et d’autres enfin dangereuses. »

Financement

Sans surprise, il critique la proposition 1 de suppression de l’obligation légale. Selon lui, elle « entraînerait une baisse de l’investissement formation des TPE/PME et limiterait également fortement la mutualisation qui est au cœur même des missions des OPCA. » Dommage collatéral : la baisse des ressources du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP). Elles «  baisseraient mécaniquement de moitié puisque l’assiette de calcul de cette contribution est précisément l’obligation légale. » analyse-t-il. Et d’ajouter « Comment dans ces conditions imaginer de financer des fonds régionaux de sécurisation des parcours professionnels ? Par d’autres ressources ? Lesquelles ?  »

Négociation du plan de formation

Le conseiller confédéral trouve « importante » l’idée d’intégrer la négociation du plan de formation à celle sur la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), estimant qu’elle « mettrait en cohérence les droits à l’information et à la consultation des comités d’entreprise sur la GPEC avec le droit et les pratiques en matière de consultation des CE sur le plan de formation. »

La fusion du Cif et du Dif dangereuse

En ce qui concerne la création d’un « droit personnel à la formation par une fusion du Cif et du Dif » ou l’instauration d’un compte individuel de formation, Djamel Teskouk est beaucoup plus réservé. La fusion des deux dispositif est une « fausse ’bonne’ idée  » et même « dangereuse ». Il argumente qu’en les fusionnant, ce serait « une remise en cause directe du Cif, seul droit du salarié à se former qui ne soit pas soumis au lien de subordination à l’employeur. » D’autre part, alors qu’il est financé par une contribution spécifique des entreprises, le Dif l’est sur le plan de formation, donc sur l’obligation légale «  que le rapport propose paradoxalement de supprimer. » pointe-t-il, pointant le risque d’un détournement des fonds du CIF au profit de formations ayant les faveurs des employeurs.

Articulation politiques nationales professionnelles et interprofessionnelles

Il pose la question du financement nécessaires à la création des Fonds régionaux de sécurisation des parcours et de l’articulation des politiques nationales professionnelles et interprofessionnelles conduites paritairement « comment sera préservée la cohérence de ces politiques et comment sera assurée la solidarité entre les régions ? » se demande Djamal Teskouk.

Enfin, il se félicite que Gérard Larcher, bien qu’il n’ait pas été missionné sur le sujet, mette en garde contre la situation de l’Afpa et « souligne l’urgence des mesures à prendre »

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 18 avril 2012.

Mis en ligne le 18 avril 2012
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