Rapport Larcher : la CFTC favorable aux « enveloppes spécifiques » pour les fonds régionaux décidées par le FPSPP national

18 avril
2012

À trop se focaliser sur la formation des demandeurs d’emploi, on risque de passer à côté de celle des salariés. Voilà la première crainte de la CFTC à la lecture du rapport remis par Gérard Larcher le 6 avril dernier au président de la République.

Pas de suppression du 0,9 %

« Faisons très attention à ce que les actifs, surtout les salariés des TPE-PME soient formés correctement », prévient Jean-Pierre Therry, conseiller confédéral en charge de la formation professionnelle « J’ai peur que demain on ne forme que les demandeurs d’emploi et que l’on ne fasse plus d’effort pour qualifier les salariés. On risque alors d’arriver à un résultat inverse : que les salariés des PME se retrouvent “sous formés” sur le marché du travail. À la CFTC, nous sommes absolument opposés à la suppression de l’obligation légale des entreprises à la formation : elle est la garantie de formation des salariés. »

Il est aussi opposé à la fusion du congé individuel de formation (Cif) et du droit individuel à la formation (Dif). Il estime que le rapport fait un mauvais procès à ce dernier : « il a été créé pour susciter l’appétence pour la formation. Il a mis du temps à se mettre en place, mais les résultats sont probants, notamment auprès des cadres des PME. » Il recommande de laisser le temps faire son office et de suivre le Conseil économique, social et environnemental (Cese) qui recommande de l’évaluer

Des enveloppes spécifiques pour les fonds régionaux de sécurisation des parcours

Jean-Pierre Therry estime « injustes et infondées » les critiques portées par le rapport pour justifier les deux ponctions de 300 millions d’euros du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) faites par le gouvernement : le processus de financement ne permettrait pas un déblocage suffisamment rapide. Il rappelle que, créé par un décret du 12 mars 2010, les premiers appels à projets ont été lancés vers la dernière semaine de juillet pour 1 milliard d’euros.

Concernant une fédération des différents comités et conseils régionaux en un Comité national de l’emploi et de la formation professionnelle, il note l’absence de mention de la Copire [1]. « Ce qui m’inquiète, c’est que l’argent de la formation professionnelle soit récupéré, sans que les partenaires sociaux soient impliqués politiquement. Il faut qu’ils aient leur mot à dire sur la mise en œuvre des fonds sur le territoire », pointe-t-il.

Quant à la dotation du FPSPP et de celle des fonds régionaux de sécurisation des transitions professionnelles, sans que soit envisagée de ponction supplémentaire, il estime qu’il faut que des appels à projets régionaux soient votés par le FPSPP au niveau national « On peut diligenter des fonds en faveur de ces fonds régionaux, sous forme d’enveloppes dédiées, mais il est hors de question de doter les Régions de fonds qu’elles utiliseraient à leur convenance. On peut déterminer, dans la convention-cadre entre l’État et le FPSPP, qu’il y ait des enveloppes spécifiques pour des projets territoriaux. »

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 18 avril 2012.

[1Copire : Commission paritaire interprofessionnelle régionale de l’emploi. Instance de concertation créée par les partenaires sociaux.

Mis en ligne le 18 avril 2012
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