Rapport Larcher : l’ACFCI pointe des risques dans la relation entreprise et formation des jeunes

16 avril
2012

« Les chambres de commerce et d’industrie, deuxièmes formateurs de France avec 600 000 personnes accueillies chaque année dans leurs 500 établissements et premier réseau de formation en apprentissage avec 100 000 apprentis, se félicitent des mesures proposées dans le rapport du sénateur Gérard Larcher visant, dans un objectif de cohésion sociale, à lutter contre le chômage. Qu’il s’agisse de mieux accompagner les jeunes sans qualification ou de mieux former les demandeurs d’emploi. »

C’est ce qu’écrit l’ACFCI (Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie) dans un communiqué diffusé jeudi 12 avril 2012. Elle réagit ainsi à la publication du rapport Larcher, intitulé « La formation professionnelle : clé pour l’emploi et la compétitivité », remis au chef de l’État vendredi 6 avril 2012.

Contre la centralisation de la collecte de la taxe d’apprentissage

« Établissements publics, collecteurs régionaux de la taxe d’apprentissage et assurant, à la demande de l’État, la mission d’enregistrement des contrats d’apprentissage », les CCI se disent d’accord avec les propositions de Gérard Larcher visant à limiter le nombre d’Octa et à augmenter sensiblement les seuils de collecte. Cependant, elles « mettent en garde contre les dispositions qui n’auraient d’autres effets que de transférer la collecte à des organisations dont la mission ne relève pas du champ de la formation initiale et d’éloigner les financements des lieux de formation ». Les chambres des commerce jugent en effet que toute centralisation de la collecte de la taxe d’apprentissage conduirait à « un système administré, cloisonné, peu réactif et remettrait en cause le principe de libre affectation par l’entreprise de cette taxe majoritairement collectée en proximité des territoires et des formations ».

Une meilleure prise en compte des contrats d’apprentissage de niveaux bac à bac+3

S’agissant de l’apprentissage et de son financement, les CCI attendent « que les besoins des entreprises soient entendus » et veulent une meilleure prise en compte des contrats se situant aux niveaux bac à bac + 3. « Ces niveaux doivent être pris en compte alors que le rapport privilégie essentiellement les premiers niveaux de qualification », regrette l’ACFCI. Les CCI font également valoir que « la taxe d’apprentissage doit aller à la formation initiale des jeunes » et souhaitent « que les frais de gestion prélevés sur la collecte restent en tout état de cause limités ». Le communiqué rappelle ainsi les propos d’André Marcon, président de l’ACFCI : « Afin de libérer les financements pour atteindre les objectifs fixés par l’État (600 000 apprentis), nous proposons d’engager un travail sur les conditions de redéploiement de nouveaux moyens, notamment ceux de l’Éducation nationale dévolus à l’enseignement professionnel. »

Enfin, en ce qui concerne l’accompagnement des demandeurs d’emploi, les CCI souhaitent « aller plus loin dans l’effort de coordination des acteurs » et proposent la création d’ « agences régionales des transitions professionnelles », associant l’ensemble des partenaires économiques et sociaux. Elles demandent également la diffusion systématique des taux d’insertion professionnelle pour toute formation préparant à l’accès ou au retour à l’emploi.

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 16 avril 2012.

Mis en ligne le 16 avril 2012
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