Rapport Larcher : un texte dont l’application dépend de la présidentielle et des législatives (Medef/CGPME)

11 avril
2012

À moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, la sortie, vendredi 6 avril 2012, du rapport La formation professionnelle : clé pour l’emploi et la compétitivité rédigé à la suite de la mission menée par le sénateur Gérard Larcher ne bousculera pas le calendrier de la CGPME. Car si « à première vue ce rapport soulève davantage de questions qu’il n’amène de réponses » - comme l’indique Jean-Michel Pottier, président de la commission formation-éducation au sein de l’organisation patronale - , il n’empêche « toute éventuelle application des propositions qui y sont préconisées dépendra du résultat des élections présidentielles et législatives ». Pas question, donc, pour les représentants des PME de cesser toutes affaires cessantes les auditions des candidats à l’investiture suprême (après avoir entendu les propositions de Nicolas Sarkozy ce mardi 10 avril, le tour des prétendants s’achèvera avec l’examen de celles de François Bayrou, le jeudi 12) pour discuter des conclusions de la mission Larcher, qui feront l’objet de la prochaine réunion de la commission formation-éducation de la Confédération, au mois de mai.

Côté Medef, en revanche, on réagit « à chaud » plus positivement au texte remis par l’ancien président du Sénat. Notamment à sa toute première proposition qui recommande la suppression des contributions légales et conventionnelles du plan de formation des entreprises de dix salariés et plus (le fameux 0,9%). « Cette suggestion avait été portée par le Medef dans l’ouvrage "Besoin d’aire" présenté par Laurence Parisot le 14 février dernier » explique Francis Da Costa, président de la commission formation du mouvement patronal, « mais si Gérard Larcher l’a retenue, c’est peut-être que cette proposition était peut-être partagée bien au-delà du seul Medef ». Également favorable à une fusion du Dif et du Cif ou à la création d’un « contrat formation emploi » liant un chômeur et Pôle emploi pour la mise en œuvre de formation correspondant à des emplois disponibles ou potentiels, le Medef s’oppose cependant à la création de fonds régionaux de sécurisation des parcours professionnels, jugés de nature à éparpiller les 525 millions d’euros demeurant dans les caisses du FPSPP [1] après ponction. Mais au Medef, comme à la CGPME, on reste conscient que le destin du rapport Larcher restera lié au résultat des scrutins présidentiel et législatifs.

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 11 avril 2012.

[1Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels

Mis en ligne le 11 avril 2012
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