Les organisations patronales contre une nouvelle réforme de la formation professionnelle

2 février
2012

« Nous sommes évidemment intéressés par toute réforme de la formation qui tend à simplifier le système, je tiens à souligner, cependant que tous les acteurs que nous avons auditionnés au CESE nous ont indiqué qu’il était préférable de ne pas réformer dans l’immédiat » déclare Benoît Roger-Vasselin, président de la commission relations du travail, emploi et formation du Medef, à l’occasion d’une table ronde ronde sur le sommet social, organisée par la commission des affaires sociales du Sénat, mercredi 1er février.

De son côté, Jean-Louis Jamet, vice président délégué de la CGPME fait le même constat : «  la réforme de 2009 n’est pas terminée, nous ne sommes pas favorables à l’accumulation de réformes successives ». Les représentants des organisations patronales ont également réagit à l’annonce de Nicolas Sarkozy d’augmenter le quota d’alternants dans les entreprises de 250 salariés et plus. Pour Jean Lardin, président de l’UPA, « pas sûr que cette mesure change le comportement des entreprises qui préfèrent payer l’amende plutôt que de recruter des alternants ».

Pour Georges Tissié, directeur des affaires sociales de la CGPME, cette mesure est un « signe envoyé aux entreprises de taille importante ». « Car il ne faut pas s’illusionner sur le tissu des entreprises qui pratiquent majoritairement l’alternance : ce sont des TPE/PME. D’ailleurs ces entreprises méritent peut-être d’être récompensées. »

Accords « compétitivité-emploi »

Par ailleurs, les accords compétitivité-emploi, voulus par Nicolas Sarkozy, et sur lesquels les partenaires sociaux devront négocier au niveau interprofessionnel, poseront un certains nombre de problèmes. « La transposition du modèle allemand n’est pas possible », poursuit Jean-Louis Jamet. « Ce type d’accord nécessite d’être signé par les syndicats majoritaires des entreprises, une condition parfois difficile à remplir dans certains cas. Il faut donc une présence syndicale dans les entreprises ou organiser des référendum ratifiés par les deux tiers des salariés. En outre, en Allemagne il y a des garanties d’emploi à 4 ou 5 ans, en France ce serait difficile », développe-t-il.

Jean Lardin estime que le chômage partiel est trop compliqué à mettre en oeuvre pour les entreprises artisanales « aucune chance : ces entreprises ne sont pas calibrées pour cela ». Le président de l’UPA alerte également sur la hausse de la TVA « le pouvoir d’achat des français c’est le chiffre d’affaires des entreprises artisanales ! »

Marine Miller
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 2 février 2012.

Mis en ligne le 2 février 2012
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