Deux mois pour réformer la formation professionnelle : l’Unsa s’avoue sceptique

30 janvier
2012

Si l’Unsa ne faisait pas partie des organisations syndicales invitées à l’Élysée le 18 janvier pour participer au Sommet social, elle avait cependant été reçue quelques jours plus tôt par Xavier Bertrand afin de faire part au ministre du Travail de ses propositions en matière d’emploi et, notamment, pour défendre le droit des salariés de s’approprier les politiques de formation professionnelles. Cependant, Jean-Marie Truffat, en charge de la formation au sein du syndicat demeure sceptique sur la grande réforme annoncée par Nicolas Sarkozy au terme de ce « sommet de crise » : « les solutions issues de sommets sociaux tenus dans l’urgence sont toujours problématiques » a-t-il indiqué au Quotidien de la formation lors d’un entretien en marge de l’Université d’hiver de la formation professionnelle, le 27 janvier. « Comme toujours, dans ce genre de situation, nous avons la sensation qu’un certain nombre de points ont été décidés en amont et auront des conséquences en aval, indépendamment de la tenue du sommet. Dans ce type de configuration, quel rôle peuvent réellement jouer les partenaires sociaux ? »

Car si l’Unsa n’est pas opposée au principe d’une réforme de la formation professionnelle, le moment lui semble mal choisi au vu de la proximité de l’échéance présidentielle. De même, les deux mois accordés à Gérard Larcher pour mener à bien sa mission paraissent bien courts à l’organisation syndicale au vu de l’ampleur de la tâche et « alors que nous sommes en pleine déclinaison de la loi du 2 novembre 2009 » a précisé Jean-Marie Truffat qui s’est par ailleurs étonné « que les propositions que présentera Gérard Larcher puissent trouver une application concrète pour les salariés et demandeurs d’emploi en deux mois ».

Par ailleurs, si l’Unsa accorde un avis favorable au recours à l’activité partielle, l’organisation demande, en échange, une simplification de ses modalités pour les TPE et PME et, bien entendu, comme l’a indiqué Jean-Marie Truffat, « de garantir des formations qui mènent à l’emploi et à la sécurisation des parcours... S’il ne s’agit que de formation en vue d’occuper les salariés pendant leur période de chômage partiel, cela ne présente que peu d’intérêt ». Et, au-delà, d’ajouter : « tous les salariés ont besoin de disposer d’une vision d’avenir sur les effets de leur formation. En situation de chômage partiel, la formation doit rassurer ces derniers. Et s’il est nécessaire d’injecter de l’argent pour garantir ce dispositif, et bien, injectons-le ! » Des financements qui pourraient provenir aussi bien des entreprises, que du FPSPP, de Pôle emploi, ou d’autres entités. « Dans une période difficile comme celle que nous traversons, les investissements doivent avant tout être déployés au service de l’emploi ».

L’objectif ? Réinstaurer un ascenseur social bloqué, via, notamment, la montée en compétences des salariés et en assistant ces derniers dans leur construction de parcours ou en favorisant la réflexion, dans les entreprises, sur les métiers accessibles aux jeunes et la fusion des deux types de contrats d’alternance existants en un seul. Des propositions que l’Unsa présentera, dès mardi 31 janvier à Gérard Larcher.

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 30 janvier 2012.

Mis en ligne le 30 janvier 2012
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