« Il est trop tôt pour réfléchir à une nouvelle réforme de la formation professionnelle » (Gérald Lefèvre, président du Garf)

20 janvier
2012

Auditionné par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) dans le cadre de la saisine du Premier ministre sur le système français de formation professionnelle, Gérald Lefèvre, président du Groupement des acteurs et responsables de la formation en entreprises (Garf), l’avait dit. Il le répète, aujourd’hui, en réaction au souhait exprimé par le président de la République, lors du sommet social du 18 janvier 2012, de procéder à un examen en profondeur des dispositifs existants actuellement en matière de formation professionnelle et, le cas échéant, à les réformer.

S’il reconnaît qu’«  il y a encore des choses à améliorer dans la loi du 21 novembre 2009 », Gérald Lefèvre prône la patience. « Il est trop tôt pour engager une réflexion sur une nouvelle réforme alors même que tous les textes d’application de [cette] loi ne sont pas encore publiés. Il est aussi trop tôt pour mesurer les effets des grandes nouveautés telles que le dispositif de préparation opérationnelle à l’emploi (POE), le droit d’orientation et à la formation ou le FPSPP », a-t-il expliqué à l’occasion d’un entretien accordé au Quotidien de la formation, jeudi 19 janvier.

Autre point qui, d’après Gérald Lefèvre, mérite patience : l’impact de la fusion des Opca survenue en fin 2011. « Nous [les responsables de la formation] ne savons pas ce qui va ressortir des rapprochements entre Opca (conseils et services aux entreprises, financements des Opca, etc.). »

Selon Gérald Lefèvre, il faut « pour les responsables de la formation éviter l’idée d’un mille feuilles règlementaire et législative qui entraîne une non-visibilité et des difficultés d’application au niveau des entreprises. Il faut laisser du temps aux équipes en charge de la formation au sein des entreprises de comprendre, intégrer et mettre en œuvre l’ensemble des champs de la loi de 2009, qui a apporté de nombreux changements majeurs dans la formation professionnelle ». Donc, insiste le président du Garf, « attendons de mettre en application les dispositifs actuels et corrigeons un peu plus tard les imperfections » ! Car, « il n’est pas juste de porter un jugement sur quelque chose qui n’a pas encore été totalement mis en œuvre ».

Il reconnaît l’urgence d’« accompagner davantage les personnes les plus éloignées de la formation » (celles concernées par les problèmes de l’illettrisme, de remise à niveau pour les compétences clés leur permettant d’intégrer l’entreprise, etc.), en veillant à ce que la formation leur aille en priorité. Parmi les points à améliorer, il évoque notamment l’absence, dans la loi de 2009, des préoccupations liées à « la territorialité », aux « bassins d’emploi » et à « mobilité géographique » très contraignante des salariés et des demandeurs d’emploi. Il estime qu’il faut travailler à renforcer l’évaluation de la formation (une meilleure information sur l’offre de formation, les prestataires, leurs compétences spécifiques, etc.).

Knock Billy
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 20 janvier 2012.

Mis en ligne le 20 janvier 2012
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