Opca Défi : vers la construction d’un “grand Opca industriel” ?

1er février
2011

Le 22 décembre dernier, Plastifaf, Opca de la plasturgie, et C2P, Opca des industries chimiques, pétrolières et pharmaceutiques, signaient un accord formalisant leur fusion et créant l’Opca Défi ((Développement de l’emploi et de la formation dans l’industrie). Première étape vers la formation d’un grand Opca de l’industrie autour d’Opcaim, l’organisme collecteur de la métallurgie ?

C’est notamment la thèse de Bernard Saas, secrétaire général de la Fédération chimie FO, et administrateur titulaire de Défi. Avant fusion, le montant de la collecte de C2P s’élevait à une centaine de millions d’euros, “entre réalisé et prévisible”, selon Bernard Saas. Sachant que la collecte de Plastifaf est de 60 millions d’euros. L’Opca de la chimie atteignait donc le seuil fatidique qui lui aurait permis de garder son autonomie.

Mais “nous étions à la limite, au vu du nombre d’entreprises qui ferment dans notre secteur : la masse salariale va baisser, donc rien ne dit que nous nous serions maintenus très longtemps au-dessus du seuil réglementaire. Par ailleurs, il serait question d’un nouveau relèvement du seuil de collecte des Opca, de 150 à 200 millions d’euros. En anticipant cette éventuelle nouvelle réforme, les organisations patronales et syndicales des deux branches ont joué un coup d’avance. Et nous savons également aussi que nous allons absorber d’autres branches”, explique Bernard Saas.

Le dirigeant de Force ouvrière fait partie de ceux qui subodorent une réorganisation des Opca de grande ampleur. “À terme, il devrait rester très peu d’Opca en France, peut-être quatre ou cinq, dont un grand Opca industriel. De son côté, Opcaim, l’Opca de la métallurgie, aimerait bien absorber tout le monde”, assure Bernard Saas.

En attendant, il évoque sans ambages l’union de Plastifaf et de C2P. “Le C2P a absorbé Plastifaf, explique-t-il. Au début, Plastifaf redoutait cette absorption, mais la fusion s’est déroulée en bonne intelligence, personne n’a à rougir de cet accord, et il n’y a ni perdants ni gagnants”, insiste Bernard Saas.

Et ce d’autant plus que les fédérations patronales qui avaient créé C2P ont accepté de renoncer au mode de gouvernance propre à l’ancien Opca. Exit C2 Action, auquel C2P avait accordé une délégation d’action. Cette entité était constituée d’administrateurs patronaux de C2P. “C2 Action exécutait ce qui avait été décidé en conseil d’administration”, précise Bernard Saas.

Quand il sera agréé, l’Opca Défi devrait collecter environ 165 millions d’euros. “Le conseil d’administration a été renforcé par l’accord constitutif de l’Opca. Le nombre d’administrateurs reste identique à la somme des anciens administrateurs de C2P et Plastifaf, mais il est ventilé autrement”, ajoute le dirigeant de FO.

Le CA de Défi compte 40 membres, dont 20 pour les organisations syndicales et 20 pour les patrons, auxquels il faut ajouter 20 suppléants, 10 pour les syndicats et 10 pour les organisations patronales. Le bureau est constitué de 5 représentants patronaux et autant côté syndicats. Il n’y a pas de suppléants. Il n’y a donc pas d’équivalent de C2P action au sein de Défi, ce rôle sera repris par le bureau, qui va travailler en délégation paritaire.

Mis en ligne le 1er février 2011
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