Mariage en vue entre l’Opca Banques et Opcassur

1er février
2011

“Le scénario du rapprochement entre les Opca de la banque et de l’assurance est le plus probable”, explique Jean-Marc Dupon, administrateur suppléant (CFE-CGC) de l’Opca Banques. Les deux organismes collectent chacun environ 53 millions d’euros de fonds de la formation par an.

Avant même cela, la réforme de la formation professionnelle devrait avoir pour effet d’unifier un secteur bancaire, jusqu’ici éclaté. Le périmètre de l’Opca Banques correspond à celui de l’Association française des banques (AFB) et regroupe les établissements bancaires dits commerciaux : Société générale, BNP, etc. Les banques mutualistes et coopératives cotisent auprès d’un organisme interprofessionnel ou d’un Opca d’entreprise.

Ainsi, l’Agecif Cama collecte les fonds de la formation du groupe Crédit agricole (Crédit agricole et LCL, Finaref, Sofinco). Tandis qu’à titre d’exemple, le Crédit mutuel et les Caisses d’épargne versent leur contribution formation à l’Agefos PME, et la Banque populaire à Opcalia.

Après l’adoption de la loi du 29 novembre 2009, les acteurs patronaux de l’Opca Banques se sont tournés vers le secteur mutualiste et coopératif. Mais ce dernier “n’a pas donné suite”, explique Luc Mathieu, secrétaire général de la fédération CFDT des banques et des sociétés financières.

“La consolidation d’un Opca du secteur bancaire dépassant à lui seul les 100 millions d’euros de collecte semblait a priori difficile, tant les acteurs et les intérêts qu’il aurait fallu agréger semblaient divers et contradictoires”, complète Jean-Marc Dupon, administrateur suppléant (CFE-CGC) de l’Opca Banques.

Dès lors, pourquoi les banques mutualistes et coopératives seraient-t-elles davantage attirées par une fusion avec Opcassur ? “Cette fusion aurait du sens : les banques et les assureurs travaillent ensemble, leurs activités sont étroitement mêlées. Les deux sont exonérées de TVA sur la collecte, un point commun qui plaide aussi en faveur d’un rapprochement. Autre argument : en gardant une taille humaine, le nouvel Opca resterait gérable”, fait valoir Jean-Marc Dupon.

Si les administrateurs de l’Opca Banques penchent pour l’union avec Opcassur, certaines organisations syndicales voudraient profiter de la réforme pour approfondir le paritarisme. “Nous approuvons le projet d’Opca de la banque et de l’assurance, à condition d’améliorer le paritarisme. Or, l’AFB ne veut pas entendre parler de gestion paritaire, préférant continuer la délégation de gestion, confiée à un organisme patronal”, affirme Luc Mathieu.

Tout en apportant une nuance : “La délégation de gestion dépend du périmètre, et aujourd’hui, ce dernier est assez flou dans la banque pour y mettre ce qu’on veut. Mais nous sommes favorables à une délégation paritaire, telle qu’elle est pratiquée par l’Opcassur. Autrement dit, nous sommes pour un alignement par le haut entre les deux Opca.”

La CFDT revendique aussi au passage un effort supplémentaire en matière de professionnalisation dans le secteur bancaire. “Le nombre d’heures de périodes de professionnalisation est relativement faible, autour de 40 heures, et encore, ce chiffre cache des disparités importantes. Autant la durée des formations diplômantes professionnelles bancaires est satisfaisante, autant certaines périodes de professionnalisation peuvent faire 9 ou 10 heures, ce qui est une manière de recycler une partie du plan à travers la professionnalisation”, se désole Luc Mathieu.

En revanche, les organisations syndicales de l’Opca Banques rejettent unanimement un éventuel recours à Opcalia, sachant que l’AFB est adhérente du Medef, qui est la cheville ouvrière de l’Opca interprofessionnel. “La fusion avec cet organisme ferait disparaître les spécificités de notre activité professionnelle, que ce soit la banque ou l’assurance. La structure qui résulterait de cette fusion serait chapeautée par un seul conseil d’administration. Certes, l’ex-Opca Banques pourrait se constituer en section paritaire professionnelle (SPP), mais c’est vrai que pour le coup, le paritarisme serait limité”, assène Jean-Marc Dupon.

Au niveau des SPP, celles qui existent dans la banque populaire, comme le Crédit mutuel, ont montré que le paritarisme n’existe pas. Globalement, dans les SPP, les organisations syndicales n’ont rien à dire, elles n’ont aucun pouvoir”, martèle, en écho, Luc Mathieu.

Au-delà de ces réserves, il reste aussi, et peut-être surtout, à convaincre les partenaires sociaux d’Opcassur du bien-fondé d’une démarche de rapprochement. En cas d’échec des pourparlers, “les assureurs ont aussi envisagé de constituer un Opca commun avec le secteur des télécommunications”, ajoute Luc Mathieu. “Cette option n’a rien d’incongru, décrypte Jean-Marc Dupon, certains assureurs vendent des téléphones. Et les entreprises de télécommunications n’ont pas un langage si différent de celui des assureurs.”

Mis en ligne le 1er février 2011
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