L’Agefaforia et Opca2 entament la négociation sur leur fusion

16 février
2011

La négociation sur la constitution d’un nouvel organisme collecteur issu de la fusion entre les actuels Opca des industries alimentaires et de la coopération agricole et alimentaire s’est ouverte le 8 février. Avec, autour de la table, les délégations de l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires) et de Coop de France, entourées des représentants des organisations syndicales de ces branches.

“Nous n’avons pas attendu la loi du 24 novembre 2009 pour œuvrer au rapprochement des Opca de l’agroalimentaire. Nous avons travaillé dans ce sens à partir de 2006-2007”, a expliqué Pascal Souzy, secrétaire national de la fédération générale agroalimentaire (FGA) CFDT, chargé de la formation professionnelle, lors d’une conférence de presse organisée au siège de la fédération, le 7 février. Pour lui, une telle fusion est de l’intérêt à la fois des salariés et des entreprises. Côté salariés, les passerelles entre métiers et branches professionnelles seraient renforcées et permettraient à des salariés qui ont perdu leur emploi ou qui souhaitent évoluer de s’adapter par l’intermédiaire des programmes de formation financés par le nouvel Opca. Côté entreprises, ces dernières trouveraient plus facilement les compétences qui leur manquent, dans des secteurs parfois en tension.

Avec, en perspective, la constitution à terme d’un organisme regroupant également le secteur de l’artisanat alimentaire, regroupé sous la bannière d’Opcad-Distrifaf [1], auquel sont affiliées les entreprises de quatre branches professionnelles : la boucherie, la charcuterie, la pâtisserie et la boulangerie. “Les entreprises sont trop petites dans l’artisanat alimentaire, les salariés ont du mal à se former car leur absence est jugée pénalisante par la direction de ces entreprises. Par ailleurs, les contrats en alternance sont la clef d’accès à ces métiers”, rappelle Pascal Souzy.

À condition de convaincre l’Opcad des vertus d’un rapprochement. Pari en voie d’être réussi… aux trois quarts. Les représentants de la charcuterie souhaiteraient conserver un haut niveau de péréquation. En 2010, le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) a versé 13 millions d’euros à l’Opcad au titre de la professionnalisation. Toujours selon Pascal Souzy, la branche de la charcuterie serait encline à rejoindre Agefos-PME, afin de préserver la péréquation au titre de la professionnalisation. “L’idée est que les branches de l’artisanat alimentaire, exceptée la charcuterie, rejoignent l’Agefaforia courant 2011, et puissent ainsi être intégrées au nouvel Opca”, ajoute le responsable CFDT, qui est aussi administrateur de l’Agefaforia et d’Opca2.

Reste à “rassurer ces branches sur le fait qu’elles ne seront pas absorbées et qu’elles jouiront d’une réelle autonomie au sein du nouvel ensemble”, remarque Pascal Souzy. 80 % des entreprises de l’artisanat alimentaire étant des TPE, elles redoutent d’être "noyées" dans un grand ensemble. “Elles seront intégrées sous forme de section paritaire professionnelle. Surtout, les salariés bénéficieront de véritables passerelles en matière de formation professionnelle. Il faut savoir que les salariés de l’industrie de la viande et de la volaille qui perdent leur emploi sont entrés dans le métier avec un CAP ou un BEP de charcuterie ou de boulangerie. Il y a donc une nécessité absolue de développer des passerelles de l’industrie vers l’artisanat et réciproquement”, détaille Pascal Souzy.

Les deux scénarios

Deux types de scénarios semblent se dessiner. Première hypothèse, soutenue par la CGT : la constitution d’un vaste Opca de l’agroalimentaire et de l’agriculture qui engloberait, outre l’ensemble constitué par l’Agefaforia, Opca2 et Opcad, le Fafsea [2]. Alors que la CFDT considère qu’il est encore trop tôt. “Les agriculteurs ne sont pas encore prêts à accepter un rapprochement avec les industries agroalimentaires, il faut procéder en deux étapes”, estime Pascal Souzy. Quoi qu’il en soit, les partenaires sociaux s’accordent sur un point : “Si nous ne sommes pas capables de former un grand Opca de branche, avec ou sans le Fafsea, le législateur nous obligera à le faire dans trois ans, en relevant à nouveau et de manière très significative les seuils de collecte des Opca. Au risque de nous retrouver dans un ensemble qui dépasserait les champs des secteurs de l’alimentation et de l’agriculture”, analyse le responsable CFDT.

Relevé de 15 à 100 millions d’euros par la loi du 24 novembre 2009, le seuil de collecte pourrait à l’avenir dépasser les 200 millions d’euros, subodorent d’aucuns. L’Agefaforia dispose aujourd’hui d’une collecte de 100 millions d’euros, Opca2 70 millions, Opcad entre 20 et 30 millions d’euros et le Fafsea, 170 millions d’euros. Ce dernier n’a opéré aucun rapprochement à ce stade.

CONTRATS DE PROFESSIONNALISATION

“Sur notre champ fédéral, la situation est préoccupante, avec, dans certains Opca, une baisse de 20 à 50 %, selon les branches, des contrats de professionnalisation, enregistrée en un an”, a alerté Pascal Souzy, secrétaire national de la FGA CFDT, le 7 février. Conjuguée avec des départs importants de seniors, cette situation est porteuse de “risques de pertes de savoir-faire”. Le syndicat souhaite que des mesures soient prises dans les branches, en particulier dans celles des coopératives laitières et de viande, pour développer ces contrats, en particulier auprès les jeunes les moins qualifiés. Il demande l’ouverture rapide de négociations pour apporter des réponses d’ici la fin du premier semestre, avec des engagements chiffrés.

www.cfdt.fr

[1Opca des entreprises de commerce de l’alimentation en détail. www.distrifaf.com

[2Opca des salariés des exploitations agricoles. www.fafsea.com

Mis en ligne le 16 février 2011
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