La mutualisation externe et interne, {“la grande force d’Agefos-PME” }

16 mai
2011

Nous sommes au cœur de la période des “rapprochements d’Opca” induits par la réforme, ou, plus exactement, du rapprochement de certaines branches de certains Opca répondant aux critères prévus par le décret 2010-1116 — parmi lesquels le seuil de collecte fixé à 100 millions d’euros. Les représentants d’Agefos-PME, Opca interprofessionnel collectant d’ores et déjà 800 millions d’euros, répondent à nos questions.

“Notre propos n’est pas d’atteindre un milliard d’euros de collecte, mais de nouer des alliances avec les branches”, explique Jean-Philippe Leroy, vice-président (CFE-CGC) d’Agefos-PME. Et de rappeler que “ce sont les branches professionnelles que nous accueillons, pas les Opca en tant que tels. Ce sont les branches professionnelles qui se déterminent, pas les administrateurs des Opca.”

C’est d’ailleurs, pour Jean-Philippe Leroy, “la condition d’une indépendance politique complète. Le paritarisme est une valeur fondamentale d’Agefos-PME, où les spécificités des branches sont scrupuleusement respectées. Les branches adhérentes bénéficient d’une mutualisation externe et interne via l’éligibilité au FPSPP”.

Au sein d’Agefos-PME, “certaines branches professionnelles prennent en charge des contrats de 2 000 euros, et d’autres de 10 000 euros. C’est notre capacité de mutualisation et notre volume de contrats (un cinquième des contrats en France) qui va nous permettre de les financer tout en restant éligible à la péréquation FPSPP. C’est la grande force d’un Opca interprofessionnel tel qu’Agefos-PME”, plaide son vice-président.

Laurence Carlinet, directrice du développement, précise pour sa part que la re-désignation par la branche de l’expertise comptable du choix de son Opca était prévue en 2012. “Pour l’heure, seul le Faf Pêche et cultures marines nous a rejoints. Nous avons été formellement auditionnés par les représentants de quatre Opca : l’Opca CGM (communication graphique et multimédia), le GDFPE (services du monde rural), FormaHP (hospitalisation privée) et Agefomat (machinisme agricole)”, pointe-t-elle.

Gérard Levieille, président de ce dernier, a annoncé le 19 avril que le choix était arrêté, en faveur d’Agefos-PME : un avis favorable a été transmis à la CPNE (commission paritaire nationale pour l’emploi) de branche. Le conseil d’administration de CGM, dont la collecte s’élève à 27,49 millions d’euros, a choisi à l’unanimité de ses membres le rapprochement avec Agefos-PME, mais la décision définitive sera annoncée d’ici fin juin, sous réserve du vote de plusieurs CPNE. Pour FormaHP, l’issue semble plus indécise, les organisations patronales étant favorables au rapprochement avec l’organisme interprofessionnel, tandis que les organisations syndicales penchent pour l’Opca PL (professions libérales). “Sur FormaHP, nous travaillons sur la base de comptes certifiés. Lorsque nous émettons une proposition, nous apportons des garanties chiffrées, notamment en termes d’intégration de contrats de professionnalisation. Mais également sur tous les engagements de la branche”, souligne Laurence Carlinet.

[(LA FORMATION DES SALARIÉS DES TPE

“Pour nos adhérents, le taux d’accès à la formation des salariés des entreprises de plus de 10 salariés est de 25 %”, explique Laurence Carlinet, directrice du développement d’Agefos-PME. Dans les très petites entreprises (sachant que 87 % des adhérents de cet Opca comptent moins de 10 salariés), entre 2008 et 2010, la progression a été de + 5 points. “Nous sommes donc passés de 15 à 20 % d’accès à la formation pour les salariés des TPE adhérentes d’Agefos PME, alors que la moyenne nationale est de 10 %. Ceci, malgré un contexte de crise économique”, observe Laurence Carlinet. Preuve, selon elle, que les branches professionnelles, loin de risquer d’être diluées dans le vaste Opca qu’est Agefos-PME, auraient au contraire tout à gagner à une alliance avec celui-ci. )]

Mis en ligne le 16 mai 2011
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