Nadine Morano, Pôle emploi, le FPSPP et les Opca signent une charte d’engagements communs pour la POE

1er avril
2011

Ce sont quatorze Opca qui se sont réunis le 22 mars à Paris pour cosigner avec la ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, Nadine Morano, ainsi que les représentants du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et de Pôle emploi, une charte d’engagements communs pour le développement de la préparation opérationnelle à l’emploi (POE). Chacun a exprimé son optimisme.

Premier intervenant, Djamal Teskouk a remercié Nadine Morano d’avoir invité le FPSPP, qu’il préside. “Cela traduit l’intérêt porté au nouveau dispositif, la POE, et l’espoir de sa mise en œuvre, a-t-il avancé. La mise en avant de ce dispositif a du sens parce qu’il est réellement nouveau et fait se rejoindre deux préoccupations : celle d’une personne privée d’emploi et qui aspire à s’insérer, et celle d’une entreprise souhaitant trouver très rapidement une personne qualifiée pour le poste qu’elle doit pourvoir.” À ses yeux, “il faut aller plus encore vers le soutien aux entreprises pour les aider à construire des programmes de formation”.

Pour Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, cette charte est la concrétisation de l’engagement des partenaires de l’emploi et de la formation pour la POE. “Ce dispositif permet de mobiliser les moyens financiers de Pôle emploi, mais s’appuie aussi sur l’expertise des Opca pour déterminer les besoins de formation, monter les projets de formation et aider les entreprises à déterminer leurs besoins”, a-t-il observé. La volonté de Pôle emploi étant “d’accompagner les mutations économiques et les demandeurs d’emploi, indemnisés ou non.” Une raison de plus, à son sens, de se féliciter de la fusion de l’ANPE et des Assedic, puisque auparavant les liens existant avec des organismes tels que les Opca étaient bien plus ténus. “Il s’agit de détecter les besoins des entreprises, les aspirations et capacités des demandeurs d’emploi, a-t-il insisté : Pôle emploi veut s’inscrire pleinement dans le tissu social et économique du pays.”

Nadine Morano, enfin, a présenté le POE comme “une démarche partenariale particulièrement innovante, qui doit être soutenue, encouragée, diffusée le plus largement possible”. Elle s’est félicitée elle aussi de la synergie des divers acteurs (FPSPP, Opca, Pôle emploi) et a salué le “succès grandissant” que connaissent précisément les préparations opérationnelles à l’emploi, 738 ayant déjà été “monofinancées par Pôle emploi et 160 cofinancées avec un Opca”.

Ayant rappelé que quatorze organismes collecteurs étaient signataires de cette charte, la ministre de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle a conclu son intervention en souhaitant “qu’un maximum d’Opca [rejoignent cette] mobilisation en faveur de la formation et du retour à l’emploi des demandeurs d’emploi”.

LES 14 SIGNATAIRES DE LA CHARTE

Agefos-PME (interprofessionnel : plus de 40 branches représentées) ;

Opcalia (interbranches : 15 branches et 11 secteurs professionnels représentés) ;

Afdas (spectacle) ;

Agefaforia (industries agroalimentaires) ;

Anfa (services de l’automobile) ;

Fafih (hôtellerie et restauration) ;

Fafsea (secteur agricole) ;

Formahp (hospitalisation privée lucrative) ;

Forthac (textile, habillement, maroquinerie) ;

Opca 2 (coopératives agricoles) ;

Opca Transports (transport) ;

Opcaim (métallurgie) ;

Unifaf (métiers du médico-social non lucratif) ;

Uniformation (économie sociale).

LA POE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

C’est l’accord national interprofessionnel du 7 janvier 2009 qui a créé le dispositif de “préparation opérationnelle à l’emploi” (POE) à destination des demandeurs d’emploi, indemnisés ou non, pour lesquels une action de formation s’avère nécessaire mais dont le financement ne peut être assuré dans sa totalité par Pôle emploi. Les actions de POE, individuelles ou collectives, ne peuvent dépasser 400 heures.

La durée précise est d’ailleurs définie en fonction du diagnostic établi conjointement avec le demandeur d’emploi. Ce dernier est présélectionné par Pôle emploi, il doit être volontaire, et choisi par un futur employeur en fonction d’une offre précise.

L’entreprise, avec l’aide de Pôle emploi et de son Opca, définit les compétences que le demandeur d’emploi doit acquérir pour occuper l’emploi proposé. Cette action est prise en charge par Pôle emploi et par l’Opca. Le bénéficiaire a pendant l’action de formation le statut de stagiaire de la formation professionnelle.

À l’issue de la formation, l’employeur rédige un contrat de travail (CDI, contrat professionnalisation ou CDD d’au moins douze mois), avec le demandeur d’emploi concerné, si ce dernier a atteint le niveau requis. Sinon, il est “réorienté” (selon des modalités fixées par la convention de formation).

Objectif, l’efficience du choix de la formation

Cette charte d’engagements de la POE s’inscrit dans la problématique de la formation tout au long de la vie professionnelle, donc de sécurisation des parcours professionnels. L’objectif, comme l’a répété la ministre, réside dans la mise en synergie des divers organismes afin de faciliter la mise en adéquation des besoins des entreprises et ceux des demandeurs d’emploi dans la perspective d’une formation : “Permettre à un demandeur d’emploi d’accéder à une formation en lui donnant la certitude qu’elle débouchera sur un emploi, assurer à l’employeur que la personne qu’il recrute a bien les compétences nécessaires pour s’intégrer rapidement dans l’entreprise, tel est l’objet de ce dispositif qui doit beaucoup à la mobilisation des partenaires sociaux.”

Nadine Morano a rappelé que les Opca signataires “représentent 3,25 milliards d’euros, soit 52 % de la collecte totale. L’an dernier, ces secteurs professionnels ont été à l’origine de plus de 900 000 offres d’emploi”.

La charte prévoit donc “la promotion de la POE au sein des entreprises qui sont confrontées en permanence à la difficulté de recruter des personnels qualifiés à leurs métiers”, Nadine Morano signalant le cas des transports, de l’hôtellerie-restauration et des aides à domicile. Les signataires s’engagent à la mobiliser “à bon escient” pour permettre aux demandeurs d’emploi d’accéder à un “emploi durable”, puis à “assurer l’évaluation et le suivi” la ministre relevant qu’en France, “l’évaluation des dispositifs publics, en particulier en matière d’emploi, est trop souvent laissée de côté”.

Sur ce dernier point, elle a annoncé qu’un bilan à la fois quantitatif et qualitatif devra être réalisé aux mois de juin et de décembre de chaque exercice. Il permettra notamment de vérifier la qualité de l’emploi obtenu par les bénéficiaires de la POE. Il permettra également de connaître les secteurs d’activité ainsi que le type de formation où elle aura été la plus utile.

Nadine Morano a par ailleurs salué l’action du FPSPP, qui a prévu d’engager 164,3 millions d’euros en 2011 pour financer les formations des demandeurs d’emploi, dont 25 millions directement consacrés au financement de la POE dans le cadre d’un appel à projets destiné aux Opca.

“La formation professionnelle n’est pas seulement une condition du retour à l’emploi. C’est la clé de tout progrès social. Ce matin, ensemble, nous avons fait un pas de plus dans cette voie”, a conclu la ministre.

Mis en ligne le 1er avril 2011
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