Joël Ruiz, Agefos-PME : “Les Opca intermédiaires ont vocation à accueillir le plus grand nombre de branches”

8 février
2011

Interrogé par Centre Inffo, Joël Ruiz, directeur général d’Agefos-PME analyse les différentes stratégies mises en oeuvre par les Opca pour se conformer à la nouvelle réglementation qui prévoit un seuil de collecte de 100 millions d’euros. Le directeur général d’Agefos-PME :
“Nous pouvons distinguer trois familles d’Opca. Ceux qui ne franchissent pas le seuil de collecte, passé de 15 à 100 millions d’euros, et qui doivent trouver une solution avant la fin de l’année. Ceux qui ont franchi le seuil, mais considèrent qu’avec une collecte de 100 à 200 millions d’euros, ils ne sont pas assez puissants et pourraient être amenés à se réorganiser en fonction des exigences de l’État, dans l’hypothèse d’une nouvelle réforme. Et, enfin, une troisième catégorie d’Opca, dont la collecte dépasse les 200 millions d’euros”, analyse Joël Ruiz.

Il va sans dire que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. “Les Opca intermédiaires s’inquiètent que les Opca de grande taille se rapprochent de ceux qui n’ont pas de collecte”, signale le patron opérationnel d’Agefos-PME. Deux grandes contraintes pèsent sur les Opca, toujours selon Joël Ruiz : “Le seuil de collecte, qui élimine des Opca de l’agrément, et la dimension de service.”

Sans oublier la dimension politique, déterminante dans le cas des organismes interprofessionnels, Opcalia et Agefos-PME, organiquement liés respectivement au Medef et à la CGPME. “Nous n’avons pas fait d’offre à tous les Opca, parce que dans le choix de reprendre tel ou tel Opca, il y avait des considérations politiques”, souligne Joël Ruiz. Ainsi, Agefos-PME laisse-t-il par exemple le champ libre à son concurrent dans le secteur de la banque, affilié au Medef. Ce n’est pas non plus un hasard si le Forthac, l’Opca du textile et de l’habillement, dont la fédération patronale adhère au Medef, a fusionné avec Opcalia. Ni fortuit que l’Opca de la pêche et des cultures marines ait opté pour un mariage avec Agefos-PME.

“Les petits Opca procèdent généralement par appel d’offres. Ils reçoivent des repreneurs et ensuite analysent des propositions et sélectionnent. Nous sommes en général trois Opca en lice”, détaille Joël Ruiz. Tous n’ont pas les mêmes problématiques. “Un Opca qui bénéficie de la péréquation au titre des contrats et des périodes de professionnalisation aura le souci de rejoindre un Opca qui garantisse la professionnalisation. Dans cette optique, Agefos sera une option intéressante. En même temps, le fait de se rapprocher d’un organisme œuvrant dans un secteur proche peut rassurer un Opca”, observe le directeur d’Agefos-PME. Au bout du processus, “ce sont les Opca intermédiaires qui ont vocation à accueillir le plus de branches”, considère Joël Ruiz.

Concernant plus spécifiquement Agefos-PME, Joël Ruiz fait valoir que ce dernier “n’est pas un Opca, mais une fédération, un réseau de mandataires paritaires. Comment comparer un Opca unique avec un seul conseil d’administration qui emploie son propre personnel et un Opca territorial, disposant de déclinaisons régionales”, s’interroge-t-il. Lequel n’a pas le sentiment de diriger “un gros Opca, sachant que la collecte moyenne d’une Agefos est de 35 à 40 millions d’euros, la collecte d’Agefos Île-de-France approchant les 200 millions d’euros”.

Agefos est constituée à la fois “de petits et gros collecteurs. Notre grande valeur ajoutée est la sociologie des adhérents. Nous sommes un Opca de petites entreprises. Pour un Opca de branche, auquel adhèrent des entreprises, c’est intéressant, cela fait une grosse différence”.

Mis en ligne le 8 février 2011
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