Les Régions et l’État contre le décrochage scolaire

7 septembre
2015

L’Association des régions de France (ARF) a signé une convention cadre avec six ministères, pour la prise en charge du décrochage scolaire le 13 août. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’objectif présidentiel de diviser par deux le nombre de jeunes sortant sans qualification du système scolaire d’ici 2017, mais aussi de la loi du 5 mars 2014, qui confie aux régions depuis janvier dernier, la coordination des actions de prise en charge de ces publics. Elle fait suite à la réception de jeunes « raccrocheurs » par la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem le 29 juillet dernier (lire). Le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social est signataire, au même titre que celui de l’Éducation nationale, mais aussi celui de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, celui de la Décentralisation et de la Fonction publique, de l’Agriculture ou encore de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Ce protocole introduit une convention type État-Région qui pourra être adaptée à chaque contexte spécifique des 13 entités territoriales.

Un partenariat qui doit être effectif

Cette convention s’appuie notamment sur l’accord-cadre signé le 28 novembre 2014, sur la généralisation du service public régional de l’orientation et à la prise en charge des jeunes décrocheurs, conclu entre l’ARF et l’État. À ce titre, elle réaffirme que le jeune doit être au centre des préoccupations des acteurs, mais aussi que les familles doivent être associées aux démarches entreprises, qui doivent s’intégrer plus globalement dans la politique de lutte contre le décrochage et notamment son volet prévention. Le texte insiste aussi sur l’importance de la coordination entre les différents acteurs, tout autant lors du repérage du jeune, que lors de la recherche de solution et pendant le suivi du bénéficiaire. Un partenariat qui suppose une connaissance réciproque des dispositifs mis en œuvre par les régions, l’Éducation nationale notamment, mais aussi ceux de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes (missions locales…).


« La Région coordonne, en lien avec les autorités académiques, les actions de prise en charge des jeunes concernés par la présente convention. Ces actions s’appuient sur le réseau des plates-formes de suivi et d’appui aux jeunes décrocheurs. Elles sont mises en œuvre de manière partenariale par les acteurs de l’État, des collectivités territoriales, des partenaires sociaux et du monde associatif sur la base du Guide national de fonctionnement des PSAD »
, précise l’article deux de la convention cadre qui définit les modalités d’engagement des régions.

Les Crefop au pilotage

Dans chaque région, c’est le Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle qui sera en charge de la coordination de l’action des différents partenaires. De son côté l’État assumera la répartition du financement des différentes plates-formes régionales, parmi lesquels des fonds européens, mais aussi la coordination avec l’action d’autres services relevant de sa compétence, notamment pour le repérage des décrocheurs. L’État et la région devront chaque année présenter un bilan des actions menées. Ces conventions qui seront soumises à la signature du recteur, du président de région et du préfet de région, ont une durée fixée à 3 ans.

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 1er septembre 2015.

Mis en ligne le 7 septembre 2015
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