Le compte personnel et la réforme toujours à la porte des entreprises (baromètre formation Comundi)

24 août
2015

Six mois après l’entrée en vigueur de la réforme, près d’un responsable formation ou directeur des ressources humaines sur deux rencontre des difficultés dans sa mise en œuvre et 41 % d’entre eux souhaiteraient des clarifications. C’est l’un des enseignements du baromètre formation de juillet du cabinet de développement des compétences Comundi. Ainsi les professionnels évoquent un manque d’information claire, notamment sur le Compte personnel de formation (CPF) et son lien avec les autres outils. L’étude met également en exergue des inquiétudes sur l’optimisation des financements, avec 33 % d’entre eux qui redoutent une pression budgétaire suite à la mise en œuvre de la réforme.

Moins de budgets, plus de formations intra

De fait, 59 % des responsables formation et DRH interrogés estiment que la réforme va instituer une baisse des budgets, et 27 % jugent qu’elle va induire un développement des formations en interne. Ainsi, seuls 5 % d’entre eux pensent que les budgets vont se maintenir ou seront développés, soit autant que le nombre des professionnels qui estiment que la loi du 5 mars 2014 va induire un gel des actions de formation ou de l’attentisme. Néanmoins, 38 % des personnes interrogées jugent que la réforme n’aura aucun impact sur la gestion des budgets formation.

Deux entreprises sur trois n’ont pas développé d’actions de popularisation des outils de la réforme

Parmi les outils de la réforme qui restent obscurs pour les DRH et responsables formation, il faut citer en premier lieu le CPF. Ainsi, 70 % des professionnels sondés n’ont mis aucune politique spécifique en place dans leur entreprise pour faire connaître ce dispositif. A contrario, 14 % des sondés ont développé des actions de communication internes, (réunions, affiches, livrets...), un accord GPEC [1], mis en relation leurs salariés avec un Opca ou une stratégie d’utilisation du CPF orientée vers les langues. Enfin, logiquement, 77 % d’entre eux estiment que leurs collaborateurs sont mal informés sur la réforme.

À l’inverse, 66 % des sondés ont impulsé une réflexion sur la mise en œuvre des entretiens professionnels, même si seulement 17 % d’entre eux ont formé leurs managers à la pratique et 25 % de leurs collaborateurs. Plus globalement, 51 % estiment que la réforme va changer leur métier, qui s’orientera vers la GPEC, l’ingénierie financière, l’accompagnement des salariés ou encore des relations avec les Opca. Ils supposent également que la nouvelle loi va renforcer la mise en adéquation des stratégies de formation avec les enjeux des entreprises.

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 30 juillet 2015.

[1Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

Mis en ligne le 24 août 2015
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