Les psychologues du travail de Pôle emploi contestent les conditions de mise en œuvre du Conseil en évolution professionnelle

8 juillet
2015

Dans un courrier adressé le 15 juin à la direction générale de Pôle emploi, le collectif national des Psychologues du travail de l’opérateur s’inquiète de « leur place et devenir dans le cadre de la mise en œuvre du conseil en évolution professionnelle à Pôle emploi ».

Le collectif l’affirme en préambule, le nouveau droit créé par la loi du 5 mars 2014 que constitue le conseil en évolution professionnelle est une bonne chose. Et même, « une opportunité – notamment pour nous, psychologues du travail – d’affirmer notre place et notre rôle en complémentarité de l’action de nos collègues conseillers ». De fait, ce n’est pas tant le dispositif créé par la loi du 5 mars 2014 qui est en cause que, selon le collectif, les conditions de mise en œuvre retenues par Pôle emploi (voir notre article).

Des psychologues du travail qui entendent le rester

En ligne de mire du collectif, le « suivi délégué interne », procédure qui « amènerait les psychologues à réaliser l’ensemble des activités des conseillers en devenant, par ce biais, référent unique du demandeur d’emploi pour toutes les actions liées à Pôle emploi, pour tous les actes métiers, se substituant ainsi au conseiller de suivi principal. » De quoi susciter la crainte de voir, à terme, disparaître le métier de psychologue du travail à Pôle emploi, au profit du seul métier de conseiller référent CEP. Estimant par ailleurs qu’une confusion supplémentaire va ainsi être introduite entre les métiers de psychologue du travail et de conseiller, le collectif manifeste également son incompréhension du mécanisme technique de la délégation interne. Lequel prévoit qu’une telle délégation s’opère sur une durée déterminée de 4 mois renouvelable une fois pour le CEP, « en contradiction avec le droit qui ne spécifie en aucun cas une limite temporelle au CEP ».

Des propositions pour développer la complémentarité

Au-delà du rejet de l’actuel schéma de mise en œuvre, le collectif suggère de poursuivre la construction de la complémentarité entre psychologues du travail et conseillers. Ceci, par « un appui spécialisé au processus de définition et de mise en œuvre du projet d’évolution professionnelle répondant aux sollicitations des “conseillers-référent CEP” et donc aux besoins des demandeurs d’emplois. » Surtout, le collectif estime que cet appui « doit faire l’objet d’une décision partagée par le "conseiller-référent CEP" et le demandeur d’emploi afin de garantir la bonne articulation entre le travail en cours et l’expertise complémentaire ». Enfin, modulé dans sa durée comme dans la nature de la prestation en fonction des besoins individuels, cet appui développerait la « complémentarité recherchée », mais aussi « l’équité de traitement des demandeurs d’emploi », tout comme les besoins des conseillers « dans la conduite des transitions professionnelles des demandeurs d’emploi dont ils ont la responsabilité et a fortiori dans le cadre du CEP ».

Reste à connaître la réaction de la direction générale de Pôle emploi, qui n’a pu nous répondre avant le bouclage de cette édition.

Peu confiant quant à l’issue du désaccord, l’universitaire consultant-formateur Michel Abhervé estime lui qu’il y a là une occasion ratée de « redonner aux “ex-psychos de l’Afpa” [1] […] une mission en phase avec leurs compétences en matière de psychologie et d’orientation professionnelle » (voir le billet d’origine sur son blog).

  • Site Pôle Psycho – Collectif national des équipes d’orientation spécialisée de Pôle emploi : www.polepsycho.com

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 29 juin 2015.

[1NDLR : Les psychologues du travail de l’Afpa ont été "transférés" à Pôle emploi en avril 2010.

Mis en ligne le 8 juillet 2015
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