« Toutes les formations inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles devraient être accessibles au compte personnel de formation » (Christian Forestier)

11 juin
2015

Ce qui fait la particularité des acteurs de la formation continue universitaire (FCU) est qu’ils sont à la fois du service public (dans un univers de la formation où les enjeux des différents groupes ne sont pas forcément ceux du service public) et dans un domaine fortement concurrentiel dominé par les prestataires privés.

Leur identité et leur positionnement au sein même de l’université sont particuliers en ce qu’ils sont soumis à une logique de rentabilité. Ils trouvent leur légitimité dans la qualité des services rendus aux stagiaires. Ils interpellent l’ensemble des acteurs de l’université à réfléchir sur leurs pratiques pédagogiques et à l’adéquation entre l’emploi et la formation et les besoins du territoire.

Avec les évolutions institutionnelles (la réforme territoriale) et législatives (la réforme de la formation professionnelle), il est important de « renforcer la place du service public dans le marché de la formation continue », a rappelé le recteur Christian Forestier, chargé de mission sur la formation professionnelle à la Conférence des présidents d’université (CPU), vendredi 5 juin, lors de la table ronde de clôture du 42ème colloque de la formation continue à l’université à Rouen [1].

L’ancien administrateur général du Cnam déconseille aux acteurs de l’université de se livrer à une concurrence entre établissements. Les incitant «  plutôt à mutualiser l’offre de formation pour pouvoir répondre aux besoins des territoires qui, avec la réforme territoriale, vont devenir plus grands ». Faisant l’historique de la formation professionnelle depuis quarante ans, il a rappelé que le compte personnel de formation (CPF) est une idée qui avait été déjà développée par Vincent Merle, alors qu’il était au cabinet de Nicole Péry [[Viencent Merle a également été l’initiateur de la VAE. Cet ancien professeur au Cnam est décédé en mars 2013.]. En effet, a expliqué ce pionnier de la formation continue, « l’idée était de donner un capital à celui qui en a le plus besoin afin qu’il acquiert la qualification dont il a besoin ». Mais, regrette-t-il, le « CPF tel qu’il est aujourd’hui ne répond pas véritablement à cela. Nous avons souhaité que les diplômes nationaux soient ouverts au CPF. Toutes les formations inscrites au RNCP devraient être accessibles au CPF ».

Pour Alain Gonzalez, président du réseau de la FCU, « il n’y a aucune raison que toutes nos formations ne soient pas éligibles au CPF. Celui-ci devient un abondement d’autres choses. Il est en train d’être détourné de son objectif premier ». Les acteurs de la FCU, qui siègent au Cnefop et dans les Crefop portent ce message auprès de leurs différents partenaires. Ils seront sûrement entendus.

Knock Billy
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 8 juin 2015.

[1Le thème du colloque de cette année était : « La formation continue à l’université pour la performance des territoires ».

Mis en ligne le 11 juin 2015
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