La signature de l’accord cadre permet au FPSPP de consacrer près de 94 millions d’euros à la formation de 20 000 chômeurs

26 mai
2015

Lors de la mobilisation pour l’emploi réunie mardi 12 mai à Matignon, l’État, l’ARF (Association des régions de France) et le Copanef (Comité paritaire interprofessionnel pour l’emploi et la formation) ont formellement signé l’ accord cadre pour favoriser l’accès à la formation et la qualification professionnelle des demandeurs d’emploi. Il permettra à chaque collectivité territoriale de le décliner et signer une convention avec le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) [1]. Celui-ci mobilisera 93,8 millions d’euros, pour que 20 000 chômeurs supplémentaires accèdent à des actions de formation pour une durée de 800 à 1000 heures, avant la fin de l’année 2015. En contrepartie Pôle emploi s’engage à permettre à 40 000 demandeurs d’emplois puissent suivre des cursus de 300 à 350 heures, ce qui représenterait une augmentation de 15 % du nombre de ces personnes ayant accès à des formations qualifiantes ou certifiantes.

« Ces financements s’ajoutent au budget que Pôle emploi consacre déjà aux chômeurs. Seule la région Alsace nous a fait savoir par courrier qu’elle ne souhaitait pas être associée. Il n’y a pourtant aucune contrainte, c’est juste un budget complémentaire que consacrent les partenaires sociaux à la formation professionnelle des demandeurs d’emploi », a précisé Pierre Possémé, président du FPSPP à l’issue de la signature. La convention prévoit que le FPSPP finance un forfait horaire de 9 euros pour les frais pédagogiques et annexes, dans la limite du nombre d’heures inscrites sur le compte personnel de formation (CPF) ou du minimum de 100 heures au titre du dispositif d’abondement spécifique pour 2015, par des versements qu’il opère à la région.

Des campagnes de communication dès septembre

Dans ce cadre, le FPSPP prévoit de lancer une campagne de communication importante dès septembre prochain, qui s’inscrit plus globalement dans une action de promotion des outils créés par la réforme du 5 mars 2015. « Nous allons faire des vidéos très didactiques sur des thèmes comme le CEP ou le CPF, en direction des salariés et chefs d’entreprises, nous espérons qu’elles seront relayées sur les sites Internet des Opca et des régions. Il est primordial que nos partenaires s’associent à ces campagnes d’information pour permettre la promotion de ces outils et l’accès à la formation des chômeurs » a-t-il poursuivi.

Alain Druelles, chef du service formation professionnelle du Medef, voit dans cette convention un rôle « pivot  » pour Pôle emploi : « ce sont eux qui sont en contact avec le public. » Mais soulève des points de vigilance « L’une des difficultés est que le CPF est un outil individuel, comment concilier cette spécificité avec un fonctionnement collectif ? Cela soulève également la question de l’évaluation de la qualité, ce n’est pas évident de garantir une traçabilité individuelle avec un financement collectif et de lier les deux » a-t-il commenté.

« La formation professionnelle est indispensable pour permettre le retour à l’emploi, mais ce n’était pas elle en tant que telle qui le permettra. » a pour sa part noté Carole Couvert, la présidente de la CFE-CGC. «  Il faut redonner confiance aux salariés comme aux chefs d’entreprise pour recréer de l’emploi, notamment car la reprise d’entreprise est une des solutions pour combattre le chômage. Le FPSPP fait un gros effort financier à travers ces futures conventions, il faut s’assurer que cet argent sera bien utilisé. C’est important de réduire les délais d’accès à la formation, mais aussi de proposer des cursus individualisés et adaptés aux besoin de chacun » a-t-elle conclu.

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 13 mai 2015.

[1Voir notre article

Mis en ligne le 26 mai 2015
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