Les Hiboux interpellent François Rebsamen sur les inquiétudes des acteurs de la formation face à la réforme

18 mai
2015

Les oiseaux frondeurs ont encore frappé. Les Hiboux, mouvement lancé ce lundi 27 avril par un collectif d’acteurs de la formation inquiets de la réforme, ne sont pas sans rappeler Les pigeons, mouvement réunissant des entrepreneurs mécontents du projet de loi de finances pour 2013. Leur objectif : fédérer afin d’interpeller le ministère sur les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la loi du 5 mars 2014. Fort d’une pétition signée à ce jour par plus de 500 personnes et d’une communication intense sur les réseaux sociaux [1], Les Hiboux ont adressé une lettre ouverte au début de la semaine à François Rebsamen pour proposer dix mesures d’urgence afin de relancer la formation. Ils appellent, entre autres, à élargir la liste aux formations transverses, simplifier et finaliser le site moncompteformation.fr, raccourcir les délais de validation des dossiers de formation ou encore mettre fin aux certifications qualité discriminatoires. « Nous avons créé l’année dernière le site Cpformation afin de devenir une plateforme d’échanges pour les acteurs de la formation. Dès la mise en place de la réforme, nous sont remontées des inquiétudes liées au manque d’information. Depuis le début de l’année, de véritables signaux d’alerte nous sont lancés, notamment d’organismes qui sont sur le point de mettre la clé sous la porte », constate Guillaume Le Dieu De Ville, cofondateur d’un organisme de formation de langue, à l’initiative du mouvement avec Arnaud Portanelli : « Le gouvernement ne se rend pas compte de la gravité des impacts de la réforme en ce début d’année. »

Une mise en œuvre "précipitée" de la réforme

Un chiffre est mis en avant dans le courrier adressé au ministère : celui de 600 dossiers de formation validés depuis le début de l’année au titre du compte personnel de formation. « Dérisoire », selon les termes du mouvement, comparés aux 60 000 dossiers mensuels dans le cadre du DIF les années précédentes. « Le risque, c’est la faillite à très court terme des 50 000 organismes de formation et des dizaines de milliers de formateurs indépendants, et le chômage pour leurs 150 000 employés. » En cause, la précipitation dans la mise en œuvre de la réforme : « Les fondements et objectifs de la réforme sont louables et représentent une véritable avancée sociale mais son caractère d’urgence prétendue a eu un impact très négatif sur sa mise en place. » Les Hiboux relatent les difficultés rencontrées chez les responsables de formation dans les entreprises peinant à boucler leurs plans de formation par manque de visibilité sur les dispositifs et les financement mais aussi la situation compliquée des Opca : « Le système de collecte du budget formation demande de faire des prévisions. Comment estimer les sommes qui seront collectées l’année prochaine pour l’année en cours sachant que les entreprises peuvent décider jusqu’au 31 décembre 2015 si elles souhaitent ou non gérer leur budget formation elles-mêmes ? »

Une somme de préoccupations qui n’est pas sans rappeler la récente interpellation du ministère par la Fédération de la formation professionnelle, prônant la création d’un crédit impôt formation pour encourager les entreprises à investir. Contacté par le Quotidien de la formation, le ministère n’a pas souhaité pour l’heure réagir aux « hululements » des hiboux de la formation.

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 30 avril 2015.

Mis en ligne le 18 mai 2015
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