L’accord formation dans la banque signé par tous les syndicats

18 mai
2015

Le 21 avril dernier, l’Association française des banques a annoncé que l’accord relatif à la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle dans le secteur a été signé à l’unanimité des organisations syndicales.

Ce dernier entre en vigueur rétroactivement au 1 janvier 2015. Il cible notamment des publics prioritaires, prévoit des possibilités d’abondement du Compte personnel de formation, et dissocie l’entretien professionnel de celui consacré à l’évaluation professionnelle.

Dans un secteur en constante évolution, l’accord cible des publics prioritaires, pour leur permettre d’intégrer la banque, mais aussi pour garantir leur évolution professionnelle ou leur maintien dans l’emploi. Il s’agit de jeunes de moins de 26 ans, de chômeurs faiblement qualifiés, des seniors de plus de 45 ans, comme l’ensemble de ceux dont la qualification est insuffisante au regard de l’évolution technologique et de l’organisation du travail. Au-delà sont également désignés comme prioritaires les personnes reconnues handicapées, celles qui ont connu une longue absence de leur poste de travail, quelle qu’en soit la cause, comme ceux exerçant un métier identifié comme sensible par l’Observatoire des métiers et des qualifications de la branche.

Condition d’abondement du CPF par Opcabaia

En plus de la contribution de 0,2 % de la masse salariale au titre du CPF, l’accord prévoit une possibilité d’abondement par Opcabaia, quand le nombre d’heures acquises au titre du CPF est insuffisant pour réaliser la formation souhaitée. Cependant cette dernière doit s’inscrire dans un projet d’évolution professionnelle, validé par l’entreprise, et le cursus doit se dérouler pendant le temps de travail. Cette opportunité est réservée prioritairement aux salariés invalides, ayant un niveau inférieur ou égal au niveau IV de l’Éducation nationale, ou dont le métier est identifié comme sensible par l’Observatoire de branche. Cet abondement est également mobilisable pour suivre une formation bancaire ou inscrite au RNCP.

Par ailleurs l’article 36 de la Convention collective de la banque, prévoit un entretien d’évaluation professionnelle, qui selon l’accord doit être distinct de l’entretien professionnel rendu obligatoire par la réforme. L’entretien d’évaluation professionnelle a lieu tous les deux ans et son objectif principal est d’évaluer les performances du salarié, c’est à cette occasion que ses besoins et souhaits en formation seront formalisés. L’entretien professionnel prévu par l’accord est dissocié de ce dernier, il a lieu tous les six ans. Cependant il est l’occasion de vérifier que l’employé a bénéficié d’au moins deux de ces trois mesures dans les 6 dernières années : accès à une formation, à des éléments de certification ou à bénéficier d’une progression salariale ou professionnelle.

Si l’AFB souligne dans un communiqué que « La profession bancaire a toujours eu une démarche et un engagement en matière de formation allant bien au-delà des obligations légales de formation. », Luc Mathieu, secrétaire général de la fédération banque et assurance de la CFDT estime pour sa part que « C’est un accord qui permet d’adapter le fonctionnement du secteur à la réforme de la formation professionnelle, il ne va pas réellement au-delà des exigences de la loi ».

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 28 avril 2015.

Mis en ligne le 18 mai 2015
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