La branche de la plasturgie abonde le compte personnel de ses salariés

4 mai
2015

La Fédération de la plasturgie et des composites et deux organisations syndicales, Force ouvrière et la CFDT (qui représentent 47 % des entreprises de la branche), ont signé un accord relatif à la formation qui précise la mise en musique de la réforme.

Alors que la Fédération s’est engagée dans une démarche proactive en lançant La Fabrique à talents (lire notre article), une initiative pour bâtir une offre de formation innovante à l’horizon 2030, cet accord confirme sa « volonté de faire de la formation un investissement qui soit source de compétitivité et d’innovation au sein des entreprises », selon Florence Poivey, présidente de la Fédération [1]. Le préambule de l’accord insiste ainsi sur « les exigences auxquelles sont confrontées les entreprises en matière d’évolutions technologiques et d’innovation » qui motivent les parties à donner une « très forte impulsion à la politique de formation de la branche, comme un levier de développement des entreprises ».

Abondement du reste à financer pour un CQP

L’accord entend ainsi « placer le compte personnel de formation (CPF) au cœur du dispositif de formation », « promouvoir l’apprentissage », ou encore « permettre un accès plus large à la formation continue (…) particulièrement au sein des plus petites entreprises ». Il prévoit un abondement pour la mise en œuvre du CPF, financé par la contribution des entreprises de la branche. Pour 2015 et 2016, lorsque les heures créditées sur le CPF (y compris le reliquat d’heures de Dif) ne sont pas suffisantes, l’abondement de la branche est égal au nombre d’heures manquantes pour accéder à un CQP de branche et 100 % des heures mobilisées par le salarié lorsque la formation est inscrite sur la liste CPNE (150 % pour les salariés à temps partiel).

Les maîtres d’apprentissage mieux rémunérés

En ce qui concerne l’alternance, l’accord maintient les dispositions plus favorables que la loi en faveur de la rémunération des contrats d’apprentissage et des contrats de professionnalisation, présentes dans l’accord de 2002. L’accord réorganise et prend mieux en compte les fonctions de maîtres d’apprentissage, en prévoyant qu’une partie de la prime versée par l’Opca revienne à ces derniers. Le soutien aux PME se manifeste quant à lui par une mutualisation des contributions, la possibilité que l’Opca finance les coûts de formation engagés par une entreprise faisant face à des difficultés économiques ou encore la prise en charge par l’Opca du diagnostic RH pour les entreprises de moins de 300 salariés.

Nouvelles missions de l’Opca

Pour mener à bien ces tâches, l’Opca est doté de contributions conventionnelles supérieures au minimum légal par l’accord de branche (+ 0,15 % de leur masse salariale brute) pour financer diverses actions de formation, des mesures d’accompagnement ou des actions prioritaires définies par la CPNE. L’Opca se voit par ailleurs chargé d’informer et de conseiller les entreprises et les instances représentatives du personnel et d’impulser une nouvelle dynamique à l’Observatoire national prospectif des métiers, des emplois et des qualifications. Il doit réaliser différents outils d’accompagnement, comme un guide pour l’entretien professionnel et la liste des conseils en évolution professionnelle par département, et mobiliser des fonds supplémentaires auprès du FPSPP pour l’insertion de demandeurs d’emploi.
« Cet accord permet une actualisation de nos textes conventionnels en accord avec la loi sur la formation, précise Mathieu Dufour, directeur des affaires sociales à la Fédération de la plasturgie et des composites au Quotidien de la formation, vendredi 17 avril. Il permet de bien expliquer les dispositifs que sont l’entretien professionnel et le CPF. »

Christelle Destombes
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 20 avril 2015.

[1Également présidente de la commission éducation, formation et insertion du Medef

Mis en ligne le 4 mai 2015
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