Les premières demandes de recensement à l’“inventaire des certifications”

26 février
2015

Vendredi 6 février était examinée en commission plénière de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) une première liste de demandes de recensement à l’inventaire des certifications et des habilitations.

D’après la liste dont nous avons pu avoir connaissance, pas moins de 227 demandes avaient été portées à l’ordre du jour de cette première commission plénière consacrée à l’inventaire.

Catégorie B, “Norme de marché” ...

En tête de liste et au nombre de 144, les certifications et habilitations de catégorie B correspondant aux normes de marché sont très majoritairement portées par les CPNE, commissions paritaires nationales pour l’emploi (pour la définition des catégories, voir notre article).

S’y retrouvent notamment les certificats professionnels de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) et les certifications informatiques. C’est également dans cette catégorie que l’on retrouve les langues, et plus précisément l’anglais par l’intermédiaire des tests les plus courants (TOEIC [1], BEC [2], …). Preuve qu’un effort de pédagogie est à fournir, nombre de Caces présentés en catégorie B ont dû être réaffectés en catégorie A, dédiée aux normes de droit.

... catégorie A, “Obligations réglementaires”...

Parmi les autorités légitimes à l’origine des demandes de catégorie A, apparaissent notamment les Armateurs de France avec près de 60 certifications et habilitations : attestation de formation à l’encadrement des passagers, certificat de qualification navires-citernes pour produits chimiques, certificat d’aptitude à l’hyperbarie, certificat de matelot de quart à la passerelle, etc. Autres autorités légitimes : l’Union des transports publics et ferroviaires (habilitation Tramway-Métro-Trolley, habilitation électrique, etc.), Opcalia (diplôme de conseiller funéraire, formation Certibiocide, etc.), ministère de l’Éducation nationale (brevet informatique et internet pour adultes), ...

... et catégorie C, “Utilité économique ou sociale”

Enfin, la catégorie C, destinée à recueillir les demandes ne relevant ni d’une norme de droit ni d’une norme de marché, n’a elle fait l’objet que d’un seul dossier relatif à une certification professionnelle à l’anglais de l’organisme de formation privé Gymglish, parrainé par le ministère des Finances et des Comptes publics via l’IGPDE [3]. Verdict ? Avis favorable, mais basculé en catégorie B, comme les autres certifications et habilitations de langues.

Comment ces demandes ont-elles été accueillies ?

Si la catégorie A n’a guère entraîné de problèmes, la catégorie B a été l’objet de davantage de discussions, nous indique Christine Savantré (Unsa), suppléante de Jean-Marie Truffat au titre des personnalités qualifiées avec voix consultative. Car si la norme de droit est aisée à circonscrire, la norme de marché introduit elle une dose de “subjectivité”.

Quant à la catégorie C, c’est sans doute celle qui mérite le plus de voir ses critères précisés, reconnaît Christine Savantré. Et si cette première séance s’est bien déroulée, l’afflux de demandes n’est pas sans générer une certaine crainte : “Les attentes des certificateurs, des organismes de formation et des usagers par rapport au compte personnel de formation (CPF) nous imposent de travailler dans l’urgence, j’espère que cela ne va pas être une difficulté pour la CNCP”, avertit-elle.

Se félicitant de ce que l’inventaire “interroge globalement le monde de la certification”, elle note une “réflexion intéressante autour de la notion de blocs de compétences”, tout en appelant à ne “pas détricoter des certifications qui pourraient prétendre au RNCP”. Et d’expliquer que s’il pourrait y avoir une tentation de contourner les difficultés d’enregistrement par des demandes de recensement, ce n’est certainement pas là la vocation de l’inventaire, qui n’est “ni un répertoire bis ni un fourre-tout”.

Les listes du compte personnel de formation

Reste maintenant aux partenaires sociaux à piocher dans cet inventaire pour déterminer lesquelles de ces certifications et habilitations sont destinées à rejoindre les listes du compte personnel de formation.

George Asseraf le souligne : “Il faut bien comprendre que ce qui est dans l’inventaire n’a pas vocation à se trouver en totalité dans le CPF, c’est le choix des partenaires sociaux.”

Pour autant, “le CPF ne résume pas l’ensemble de la formation professionnelle et ses financements, il ne se substitue ni au plan de formation, ni à la perspective d’avoir des contrats de professionnalisation ou de développer l’apprentissage”, insiste-t-il : “C’est un sous-ensemble à la main des individus, puisque portable tout au long de la vie, mais qui est en même temps porté par une logique qualité de la part des partenaires sociaux, au plus près des besoins.”

Une deuxième vague d’examen des demandes de certification est prévue pour la première semaine de mars. En attendant, dès le 15 février, le système d’information de la commission - un site internet réservé aux déposants - devrait être mis en ligne pour accélérer le dépôt des dossiers.

  • Le site de la Commission nationale de la certification professionnelle : www.cncp.gouv.fr/

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 9 février 2015.

[1Test of english for international communication.

[2Cambridge english business.

[3Institut de la gestion publique et du développement économique, organisme de formation permanente des ministères économiques et financiers.

Mis en ligne le 26 février 2015
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