Un compte personnel pour quelles formations ?

10 février
2015

Dès les prémisses de la création du compte personnel de formation, les partenaires sociaux ont souhaité que la mobilisation soit fléchée vers des formations ciblées. La quatrième Matinée d’actualité de Centre Inffo consacrée à la réforme de la formation professionnelle [1] a permis de rappeler l’étendue du périmètre.

Pour les salariés, trois listes : liste de branche établie par la commission paritaire nationale de l’emploi, liste régionale établie par le Coparef [2] après avis du Crefop [3] et liste nationale établie par le Copanef [4] après avis du Cnefop [5]. Pour les demandeurs d’emploi, deux listes : liste régionale établie par le Coparef après avis du Crefop et liste nationale établie par le Copanef après avis du Cnefop.
Que trouve-t-on dans ces listes ? Des certifications ou parties de certifications inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ; des certificats de qualification professionnelle (CQP) ; des certifications inscrites à l’inventaire réalisé par la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) et, enfin, des formations concourant à la qualification des personnes à la recherche d’un emploi et financées par les Régions, Pôle emploi et l’Agefiph [6].

Un décret attendu : le socle des compétences et des connaissances

À ces listes encadrées par les partenaires sociaux s’ajoutent, pour tous, l’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE) et le socle de compétences et de connaissances, qui ne connaissent eux pas de « limites d’usage », précise Jean-Philippe Cépède directeur du pôle Juridique-Observatoire de Centre Inffo. Mais si la VAE dispose déjà de son décret [7], celui du socle reste à paraître.

Évoquant une définition « large » du socle, Jean-Philippe Cépède rappelle qu’aux termes du projet présenté devant le Copanef, « ce sont les savoirs de base qui sont visés pour favoriser l’accès à la formation et à l’insertion professionnelles », lesquels doivent « être appréciés dans un contexte professionnel » et également « être utiles à la vie sociale, civique et culturelle de l’individu ».
Concrètement, sept domaines de connaissances et de compétences devraient apparaître : communication en français ; utilisation des règles de base de calcul et raisonnement mathématique ; utilisation des techniques usuelles d’information et de communication numériques ; aptitude à travailler dans le cadre de règles définies d’un travail en équipe ; aptitude à travailler en autonomie et à réaliser un objectif individuel ; capacité d’apprendre à apprendre tout au long de la vie et, enfin, maîtrise des gestes et postures et respect des règles d’hygiène et de sécurité environnementales élémentaires. Ici encore, les Régions disposent d’une capacité d’intervention avec la possibilité d’introduire des « modules complémentaires » dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme. Dans l’objectif d’une adaptation de la formation aux besoins de la personne, le projet de décret prévoit également, outre une « mobilisation modulaire » des contenus, une « évaluation préalable » des compétences et des connaissances du bénéficiaire.

Dernière précision, alors que de nombreux prestataires de formation s’inquiètent ouvertement de l’absence prévue des langues étrangères au sein du socle de compétences et de connaissances, Michel Ferreira-Maia, chef de la mission Politique formation et qualification (DGEFP [8]), précise lui que les langues font bien partie des catégories de certification concernées par l’inventaire.

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 2 février 2015.

[1Voir ici.

[2Comité paritaire interprofessionnel régional pour l’emploi et la formation.

[3Conseil régional, de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.

[4Comité paritaire national de l’emploi et de la formation.

[5Conseil national, de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.

[6Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées.

[7Décret n° 2014-1354 du 12 novembre 2014.

[8Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle.

Mis en ligne le 10 février 2015
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