L’Unsa entend défendre le primat du "politique" sur le "technique" dans les Crefop

22 janvier
2015

Alors que l’installation des Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Crefop, qui succèdent dans le cadre de la réforme aux anciens CCREFP [1] où ne siégeaient que l’État, la Région et les partenaires sociaux représentatifs) est en passe de s’achever dans les régions, l’Unsa a d’ores et déjà procédé à la désignation de ses représentants (un titulaire, un suppléant par comité). C’est au sein de ces nouvelles instances où se décideront notamment la construction des services publics régionaux de l’orientation (SPRO) ou la constitution des listes des formations régionales éligibles au compte personnel de formation.

De nouvelles listes établissant les besoins en formation remontés des territoires viendront compléter celle établie par le Copanef, désormais accessible sur le portail moncompteformation.gouv.fr. Une première liste que l’Union des syndicats autonomes juge insatisfaisante. « Force est de constater que cette première liste ne répond pas vraiment aux orientations de la loi, ni aux publics cibles prioritaires » estime Jean-Marie Truffat, secrétaire national à la formation de l’organisation syndicale. En cause, le surnombre de formations de niveau 1 et 2 (Bac + 3 et au-delà) au détriment de celles accessibles à des publics prioritaires ou plus fragiles. « Nous sommes conscients de la difficulté qu’a pu représenter la création de cette première liste, mais elle ne répond pas vraiment aux orientations de la loi du 5 mars qui vise à favoriser les publics les moins qualifiés ».

Cette réforme, l’Unsa l’avait soutenue. Et aujourd’hui, l’organisation entend bien en défendre l’esprit tant au plan national, au Cnefop (Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles) que dans ses décrochages régionaux en prenant une part active au sein des commissions où se discuteront la mise en place ses SPRO et des modalités de l’instauration du conseil en évolution professionnel au niveau territorial. « Il ne faudra pas qu’on se loupe là-dessus » annonce-t-il, « la réforme peut offrir une réelle occasion à des individus de se construire un projet de promotion sociale au travers d’une montée en compétences. Le CEP, le SPRO doivent devenir des outils de prise en charge, d’information et d’accompagnement des salariés ou des demandeurs d’emploi dans la construction de tels projets. Si le service ne répond pas à leurs attentes, on risque de les décourager et même de les perdre ». À cet effet, l’Unsa milite pour réaffirmer le pouvoir des assemblées plénières dans le processus décisionnel des Crefop. « L’objectif, c’est que les décisions finales reviennent aux plénières plutôt qu’au seul bureau des Comités ». Des bureaux où l’Unsa craint que ne s’instaure une sur-représentation des conseillers techniques dans le processus de prise de décision au détriment des élus et partenaires sociaux porteurs de la parole politique. « Le technique ne doit pas s’imposer au politique et l’Unsa y veillera  » résume Jean-Marie Truffat.

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 15 janvier 2015.

[1Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles

Mis en ligne le 22 janvier 2015
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